Le secteur de la santé publique dans la commune de Bouhamza manque cruellement de moyens tant humains que matériels.
A telle enseigne que les autorités sanitaires ont été amenées à réduire de manière drastique les prestations fournies aux usagers au niveau de la polyclinique du chef-lieu communal, et même à procéder à la fermeture momentanée des structures périphériques, à l’image de l’unité de soins du village Imahfouden qui a mis la clef sous le paillasson pendant quelques semaines avant de rouvrir ses portes.
“Prendre une décision aussi extrême pour un soit disant manque d’agent paramédical est pour le moins insensé au moment où, on nous rabat les oreilles avec cette histoire de santé de proximité d’ailleurs elle n’a de proximité que de nom», tempeste Idir B. habitant près d’Imahfouden.
“Si cette structure venait à fermer définitivement nous serions, pour le moindre bobo, contraints de rallier Bouhamza, distante de plus de 4 km ou alors se rendre carrément à la polyclinique d’Amalou comme ce fût le cas pour les habitants de Bouhitem et Touddart pendant les mois qu’a duré la fermeture de l’unité de soins d’Ighil N’Tala», appréhende t-il.
Au niveau de la polyclinique de Bouhamza, la situation n’est guère reluisante, en dépit d’une récente acquisition d’un appareil de radiologie et d’un plateau technique.
En effet, les habitants relèvent une litanie de carences qui les obligent à se déplacer vers d’autres villes pour une prise en charge adéquate. Le manque d’un pavillon des urgences revient comme un leitmotive dans la bouche des usagers : “Ce genre de service est plus qu’indispensable pour une commune recluse comme Bouhamza, car si vous avez une urgence médicale après 17 heures, le malade aura tout le temps pour agoniser et passer de vie à trépas du moment qu’il n’y a aucun médecin à 30 km à la ronde», nous dira sur une pointe d’ironie Salem, du village Tansaout.
“Qu’est ce qu’une polyclinique si les parturientes sont obligées d’aller accoucher à Akbou, à leurs risque et périls, si les patients sont orientés ailleurs pour un bilan biologique ou un avis spécialisé ?», s’interroge interloqué un jeune commerçant du chef-lieu.
Lors d’une récente entrevue avec M. Mohamed Belkhiar, le premier magistrat de la commune, celui-ci nous a confié que sa requête visant à obtenir l’ouverture d’une maternité rurale, a essuyé un niet des autorités sanitaires au motif que le taux de natalité dans la région de Bouhamza est faible. L’édile nous a assuré avoir obtenu un accord pour l’ouverture d’un point l’urgence, non pas H 24 comme l’aurait souhaité le P/APC, mais jusqu’à 18 heures seulement.
A Bouhamza d’aucuns estiment que la commune s’achemine vers un solde de tout compte du service de la santé publique.
Pour preuve : “Le personnel muté ailleurs ou parti à la retraite n’est pas remplacé les équipements avariés ne sont pas réparés…», nous disent-ils pour appuyer leurs appréhensions.
N. Maouche
