Le boxeur de Tizi-Ouzou, Yacine Aberkane, a remporté le 20 juillet dernier à Akbou dans la wilaya de Béjaïa, le titre de Champion d’Algérie de boxe professionnelle catégorie super-coq, en battant en finale Alla Youcef de Djelfa par arrêt de l’arbitre au septième round.
Une consécration fort bien méritée pour l’enfant de Tizi-Rached qui, à 29 ans seulement, a réussi malgré l’absence de moyens, à s’offrir la ceinture nationale qui lui ouvre désormais le droit de disputer le Championnat d’Afrique de la catégorie en sa qualité de détenteur du titre national. «Cette ceinture de Champion d’Algérie n’est pas le fruit du hasard, j’ai dû bosser comme un forcené pour y arriver. Malgré le manque de moyens j’ai réussi à décrocher ce titre qui, j’espère, m’ouvrira à l’avenir, les portes des compétitions internationales», nous confie tout heureux, le désormais Champion d’Algérie de la catégorie super-coq. Yacine Aberkane qui garde encore les stigmates de ce combat d’Akbou, avec une arcade sourcilière ouverte, nécessitant la pose de deux points de suture, se souviendra à jamais de cette date du 26 juillet 2010 qui le consacre Champion d’Algérie de la boxe professionnelle. «J’ai reçu un coup de tête de mon adversaire au deuxième round, qui m’a ouvert l’arcade et j’ai poursuivi le combat jusqu’au septième round durant lequel, l’arbitre a enfin décidé d’arrêter la partie et me déclarer vainqueur. Alors que, normalement, mon adversaire devait être sanctionné dès le second round, car les règlements sont clairs. Le plus important est que j’ai offert la ceinture nationale à Tizi-Ouzou confirmant, encore une fois, que notre wilaya reste toujours la pionnière du noble art, que ce soit en amateur ou en professionnel», ajoute celui qui a embrassé la carrière professionnelle en 2005 à seulement 25 ans. Un âge précoce pour le monde du professionnalise, estiment les spécialistes, mais Yacine l’avait fait nous dit-il, par dépit, après avoir connu des moments difficiles chez les amateurs, lui qui avait pourtant toutes les qualités et surtout, toutes les compétences pour, non seulement poursuivre sa carrière chez les amateurs, mais aussi briguer une place en équipe nationale, lui qui a flirté avec plusieurs podiums en coupe et championnat. Comme en Algérie les critères de sélection ne sont pas toujours objectifs, notre champion a choisi d’opter pour le monde du professionnalisme. Sous la houlette de son manager de toujours, Brahim Hamadache, le récent Champion d’Algérie des super-coqs ne lésine pas sur les efforts pour s’ouvrir d’autres horizons dans le monde impitoyable du professionnalisme où l’argent demeure l’ingrédient principal. «Je m’entraîne régulièrement à la salle de Tizi-Rached où j’avais fais l’essentiel de ma carrière en amateur chez l’OTR. Je remercie vivement le président de l’APC M. Mariche et le premier responsable de l’OTR M. Khris de m’avoir permis de travailler dans les meilleures conditions. Je lance un appel aux industriels et commerçants de Tizi-Rached et de toute la Kabylie, pour qu’ils me viennent en aide comme de sponsors, car sans les moyens financiers, je risque de compromettre ma carrière dans le monde professionnel qui demande de l’argent». Un appel qui en dit long sur la situation précaire dans laquelle évolue celui qu’on surnomme l’artiste des rings qui espère avoir la chance de disputer enfin ce Championnat d’Afrique et ajouter son nom à la liste des Hamani, Benguasmia et autre Yassa.
A. C.
