Oued Sahel un affluent majeur de la Soummam fait face à mille périls d’action anthropique, perverse et multiforme, qui a fini par stériliser cet écosystème autrefois foisonnant de vie.
Le régime hydrique issu des précipitation, réduit à sa portion congrue au cours de ces derrières décennies, a potentialisé l’effet délétère de cette pollution.
Le cours d’eau marqué jadis par un régime d’écoulement copieux, ponctué par des crues hivernales impétueuses, subit un étiage sans précédent, ne coulant plus que par intermittence.
“Dans les années 70 quand nous devions rejoindre la rive droite de l’Oued pour rallier la région d’Ath Abbès, nous cherchions en vain un gué tant l’étendue du liquide et la profondeur du cours d’eau étaient impotentes», se rappelle avec un brin de nostalgie, un sexagénaire du village Allagham.
“L’eau était d’une telle limpidité qu’on pouvait voir le fond et observer l’évolution des bancs de poissons que le plus néophyte des pêcheurs pouvait accrocher à l’hameçon», ajoute-t-il.
A présent l’écosystème offre une figure hideuse d’amont en aval. Le cours de l’Oued n’est plus qu’un mince filet d’eau gravement souillé par les eaux usées de toutes provenances.
“Cette pollution est devenue plus patente depuis le début des années 80 avec la mise en place des réseaux d’assainissement et l’implantation des unités industrielles», affirme notre interlocuteur.
Au niveau de la bourgade d’Allagham, les berges de l’Oued sont transformées en exutoire coulant sous des monticules d’ordures ménagères disséminées à perte de vue. Pour couronner le tout, une carrière d’extraction de sable dont l’exploitation pollue passablement l’atmosphère par les émanations de poussière, fait planer une sérieuse menace de contamination de la nappe phréatique en privant le sol de sa barrière de filtration naturelle.
“Il y a fort à craindre que cette nappe soit affectée, ce qui mettrait en danger la santé de millier de citoyens dont l’eau de consommation est puisée à partir du lit majeur de l’Oued», avertit un riverain habitant à proximité de l’Oued Sahel.
N. Maouche
