Bouira : Plus de mille dinars pour un ftour “de base”

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Troisième journée de Ramadan. “Déjà trois jours !», s’écrie-t-on tout heureux d’avoir presque eu raison de la première semaine du jeûne.

Mais l’heureuse exclamation n’est audible qu’après le ftour. Avant, pas un son et pas un murmure intelligible ne sont audibles en dehors du marché. Et là encore, la phraséologie est souvent interrogative et ne va pas plus loin que “combien cela coûte-t-il ?”.

De l’autre côté de l’étal, et presque contrarié le marchand répond pour la énième fois à “combien cela coûte-t-il ?”. Cela peut s’arrêter là. Mais, quelques fois, le ton monte entre le marchand et le potentiel client, jusqu’à l’intervention d’une tierce personne rappelant aux deux bons musulmans que c’est un sacrilège de se disputer pendant ramadan.

Ventre affamé n’ayant point d’oreille, on n’entend forcément rien. Les antagonistes continuent à s’échanger des gentillesses pendant qu’on les sépare.

Le mercure frise les quarante degrés. Ce n’est pas pour autant que le marché couvert désemplit. C’est presque la bousculade devant les étals. Et c’est franchement la bagarre devant les vendeurs d’herbes.

Crise de “maâdnous” en ce début de ramadan ! Chorba sans maâdnous, impensable ! Saisissant l’opportunité de la crise d’herbe, les jeunes maâdnousistes vendent le persil…à 50 dinars le bouquet de quelques grammes. Idem pour le coriandre et le céleri.

Du monde aussi, beaucoup de monde, du côté de la partie du marché réservé aux boucheries. Pourtant c’est de ce côté-ci, que l’on pensait trouver moins de monde.

Et bien non ! On a l’impression que le tout Bouira y est. Et paradoxe des paradoxes, les prix ne semblent pas poser problème. A 850 dinars le kilo, l’agneau est presque introuvable à cette heure de la journée (treize heures).

Qu’en est-il de la viande importée d’Inde ? Personne ne semble être intéressé par cette viande que des imams spécialisés en viande halal estiment non-conformes aux rites islamiques.

De quoi dissuader les plus enthousiastes. Toujours côté viandes, cette fois-ci, le poulet s’est stabilisé à hauteur des 320 dinars. La aussi c’est la ruée. Même les tripes y passent, moyennant 200 dinars le kilo.

Les étals des fruits et légumes enregistrent la bousculade dans la matinée, pour sa fraîcheur.

La tomate, l’oignon et la pomme de terre y sont cédés à plus ou moins 25 dinars. Un prix qui est resté tel quel avant Ramadan. Par contre, les prix de la courgette (70 dinars), la laitue (60 dinars), l’haricot vert (120 dinars) et la carotte (70 dinars) ont triplé dès le premier jour du carême.

En revanche les fruits, de saison notamment, restent à la portée du commun des consommateurs.

Ce n’est qu’aux environs de seize heures que les provisions du f’tour quittent le marché couvert.

Après un crochet chez le boulanger, puis remis à la ménagère et à son appréciation culinaire.

Si on fait le calcul à l’ensemble des provisions : 500 grammes de viande d’agneau (425 dinars), un demi poulet (300 dinars), persil, coriandre et céleri (60 dinars), courgette (70 dinars), carotte (70 dinars), oignon (20 dinars), laitue (60 dinars)…

Ainsi, le coût du f’tour sans superflu dépasse les 1 000 dinars.

S. O. A.

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