Chemini : Les pompiers en retard

L’été une belle saison dit-on ! Cette année encore, l’été est revenu comme d’habitude avec des pics de chaleurs, la sécheresse, les ressources d’eau et, s’étendant sur une longue plage de temps, il a été propice à la naissance de plusieurs foyers de feux plus ou moins dévastateurs.

Chemini, l’une des daïra la plus vaste, a eu son lot d’incendies, jusqu’à satiété et pour ainsi dire, maintenant l’esprit du citoyen constamment sur le qui-vive.

Cet été encore, les flammes ont avalé des milliers d’arbres fruitiers, attaqué plusieurs poulaillers, visité plusieurs habitations, et laissé des dommages considérables, avec souvent une riposte citoyenne bien maigre, faute de moyens.

La daïra de Chemini, hélas, n’a pas de bataillon de la Protection civile. Et quand ils sont dans l’obligation d’intervenir, les fameux  » pompiers  » venant souvent de Sidi Aïch, arrivent nettement en retard, souvent lorsque le mal aura planté ses dagues bien profondément.

« C’est grave ! râle un citoyen dont les flammes ont déjà léché les murs de sa maison. Les espaces où bâtir ne manquent dans notre région, les jeunes sont de plus en plus nombreux à vouloir s’engager dans les rangs de la Protection civile. Alors, pourquoi cet abandon ? Pourquoi cet oubli ?  »

A longueur d’année, les accidents se multiplient. Des feux domestiques. Des accidents de circulation. Des noyades dans les puits. Des suicides ou tentatives de suicides. La longue liste dite  » faits divers  » où la Protection civile doit intervenir, n’est pas exhaustive.

« Dernièrement, un fourgon de transport de voyageurs percutant un motocycliste a laissé ce dernier inanimé par terre pendant toute la journée. Personne n’avait le droit de faire bouger le corps. La circulation a été arrêtée. Des bouchons ont été formés. Et lorsque, tard dans la journée, les  » pompiers  » de Sidi Aich sont arrivés, le passage sur le lieu du drame a été fort pénible « , constate un citoyen, témoin de l’accident.

La rapidité des interventions est un facteur important dans le sauvetage des vies humaines en pareilles circonstances. Si, théoriquement, tout le monde est conscient de l’éminence de ce facteur, dans la pratique, hélas, aucun projet de création d’un bataillon de  » pompiers  » n’est retenu pour cette année.

Aux malheurs de l’été succèdent les déboires de l’hiver. Des routes coupées par la neige.

Des vivres à distribuer. Des lots de terrains qui glissent emportant dans leur mouvement des maisons entières. Des malades à transporter…

Le spectre d’un hiver rude fait accentuer davantage la nécessité d’une présence précieuse de  » pompiers  » auprès de milliers d’habitants en mal d’assistance.

Ce sont des laissés-pour-compte qui ne demandent finalement que de pouvoir vivre en sécurité et quiétude.

Affecter dès lors un bataillon de  » pompiers  » à Chemini n’est qu’un devoir pour les pouvoirs publics et un droit pour les habitants, tout simplement !

T. D