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M’chedallah : L’eau et le feu, deux éléments qui défrayent la chronique

Ces deux éléments naturels ont été et continuent d’être deux sujets d’actualité depuis le début de la saison estivale, et font objet de discussions et commentaires sur les lieux publics, les administrations de toutes les institutions de l’Etat et cela, en raison des désagréments frôlant l’insupportable qu’ils ne cessent de causer à la population avec des répercutions catastrophiques sur l’environnement et le cadre de vie en général.

Le bal a été ouvert d’abord par le feu dès les tous premiers débuts de la saison chaude, avec des départs d’incendies en séries qui ont ravagé des milliers d’hectares du tissu végétal n’épargnant ni les espaces forestiers, ni les terrains agricoles avec une intensité jamais égalée durant tout le mois de juillet, générant des hausses de températures qui oscillent entre 40 et 45° plongeant ainsi toute la région de M’chedallah et celles limitrophes dans une terrible fournaise au point de réduire quelquefois de 80% toute activité.

Ces régions ont cessé de vivre, écrasées par une chaleur torride et étouffante.

Durant ce mois de juillet, il a été même enregistré une hausse assez remarquable de mortalité chez la frange de la population dite de 3eme âge, il ne se passait pas un jour sans que ne soit signalé par voie d’affichage au niveau des places publiques de 03 ou 04 décès.

La faune aussi n’a pas été épargnée par ces incalculables incendies qui ont détruit leurs milieux naturels, ce qui a provoqué un exode spectaculaire d’animaux sauvages qui ont fui éperdument et dont les moins farouches se sont réfugiés à proximité des agglomérations et causent à leur tour des ravages sur les récoltes. L’exemple le plus concret est l’invasion du village Ath Illiten dans la commune de Saharidj par des singes, qui non seulement, ont procédé au nettoyage systématique des vergers et jardins mais ont dévore tout ce qui est consommable.

Ces animaux représentent un danger certain pour les villageois à cause de leur agressivité. Selon les personnes âgées et les spécialistes de la nature, tous s’accordent à dire que l’hiver serait catastrophique pour ces malheureuses bêtes après que leurs refuges soient détruits par le feu.

A l’inverse du feu qui s’est manifesté de la manière la plus spectaculaire, l’eau par contre se fait discrète et passe… inaperçue après avoir déserté les canalisations et disparue des robinets au point de soulever le courroux des citoyens et provoqué une révolte générale à travers toutes les communes de la daira de M’chedallah et bien souvent le mécontentement a été exprimé de manière plutôt musclée par des foules en colère qui sont allées même jusqu’à fermer et bloquer plusieurs administrations locales dont la daïra.

Bien que cette région soit l’une des plus riches en ressources hydriques comme évoqué dans plusieurs articles dans ces mêmes colonnes, elle continue néanmoins à subir les affres d’une pénurie d’eau qui ne trouve son explication que dans sa gestion des plus anarchiques particulièrement depuis la mise en service du réseau sectoriel du captage de la Source noire sur lequel tous les regards se sont focalisés au point où d’autres captages sont négligés et qui ont alimenté suffisamment plusieurs agglomérations durant des décennies bien avant l’exploitation de la Source noire ; cette dernière est tombée comme une…malédiction sur la région.

Espérons entre parenthèses que nos routes ne subiront pas le même sort que ces anciens réseaux d’AEP après la mise en service de l’Autoroute ; attendons de voir, l’état de ces routes d’ici une année, après que l’Autoroute soit complètement opérationnelle avant de la qualifier elle aussi à son tour de malédiction.

Si le fait d’avoir capté la phénoménale source noire a fait reléguer à l’arrière plan les autres réseaux, que penser alors le jour où l’ouvrage de canalisation à partir du barrage Tilesdit vers la région de M’chedallah soit opérationnel ?

Curieusement et même bizarrement la crise d’eau est accentuée dés le premier jour du Ramadhan qui en plus de la canicule, est une période où l’eau est plus que vitale et utilisée en grande quantité par l’ensemble de la population, c’est justement cette période qu’on choisit pour opérer un rationnement des plus drastiques au point de soulever une nouvelle vague de révolte et de colère incontrôlable, principalement dans les communes de Saharidj et M’chedallah, les citoyens ayant compris que cette brusque rupture d’alimentation en AEP ne peut être amputée à l’éventualité d’une baisse quelconque du débit de la Source noire qui aurait dû intervenir graduellement mais plutôt à sa perte dans des fuites mal prises en charge, d’avaries et autres piquages illicites ; le tout couronné par une mauvaise distribution et répartition à travers les agglomérations alimentées par ce réseau depuis plus de …20 ans d’expérience dans sa gestion, décidément, les mauvais élèves et les cancres ne sont pas forcément que des écoliers, à moins que…

Oulaid Soualah

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