Ce n’est pas le titre d’un film, mais cela s’est produit mercredi dernier, lorsque les travailleurs, des corps communs de l’éducation au niveau du CEM Iboud dans la commune de Béni Douala, ont répondu favorablement à l’appel du syndicat UNPEF d’observer une journée de protestation pour réitérer leurs revendications socioprofessionnelles. Ainsi, et compte tenu du suivi massif des agents de cet établissement à cette action syndicale des corps communs, il était donc évident que ces derniers n’allaient pas assurer le fonctionnement de leurs différentes tâches. De ce fait, et pendant que les enseignants dispensaient les cours le plus normalement, puisque non concernés par cet appel, il devait y avoir comme suite logique le service du réfectoire, qui allait être paralysé de fait, ce qui aurait vraisemblablement provoqué la sortie générale des élèves à 12 heures tapantes… Mais c’était sans compter sur la volonté délibérée de la directrice de cette école qui avait tenu à prendre ses devants pour parer à cette situation en se mettant personnellement et tout bonnement dans la peau du cuisinier. Faisant appel — pour ne pas dire contre appel — à la gent féminine exerçant sous sa coupe dans le cadre de l’IAIJ, madame la directrice avait entrepris non sans succès de mijoter le menu du jour pour les 200 demi-pensionnaires que compte l’établissement. Et l’on croit savoir que le plat proposé ce jour-là (chorba et lentilles) avait tout compte fait une connotation féminine apparente que les élèves avaient eu à savourer. Mais au-delà du fait que cette journée de protestation passée quasi inaperçue à l’intérieur de ce collège, la directrice aurait dû aussi, séance tenante accomplir les autres tâches d’entretien et de nettoyage des différents locaux, car c’était uniquement de cette façon-là que le vide laissé ce jour-là par les agents des corps communs aurait pu être entièrement comblé. Nous n’aurons aucunement la prétention de porter un jugement quelconque quant à l’initiative de la directrice, loin s’en faut. Nous aurions plutôt préféré laisser tout cela à l’appréciation des uns et des autres, mais voilà qu’une question s’impose d’elle-même : le cuisinier de cette école qui a été « effacé » en cette journée, pourra-t-il remplacer la directrice ne serait-ce que pour un laps de temps ? Gageons que cette probabilité ne risquera point de se produire. Alors bon appétit les enfants et bonne fête aux femmes. Quant au syndicalisme, l’avenir nous en dira encore davantage.
H. A.
