Récusant le prix des places, les jeunes de Aïn El Hammam, ont empêché la tenue du gala artistique, prévu dans la soirée de jeudi dernier. Bien avant l’ouverture des portes, prévue pour vingt deux heures, une foule de jeunes attendait, en face de l’entrée de la salle de cinéma de la ville. S’adressant aux organisateurs, ils réclamaient que le prix des places, fixé à deux cents dinars, soit ramené à cinquante puis à cent dinars.
Voyant que leurs doléances n’étaient pas prises en considération, ils ont proféré des menaces de « casser et de brûler la salle ». Joignant le geste à la parole, et comme signe d’avertissement, un carreau vola en éclats. Le déroulement du spectacle était, dans ces conditions, compromis.
La situation pouvait devenir incontrôlable, à tout moment. Et pour éviter un affrontement avec la foule, les organisateurs prennent la décision d’annuler le gala. Les artistes quittent les lieux. Comment en est-on arrivé là ? En dehors de la déception, causée par cette annulation, c’est surtout la précarité de ces jeunes qu’il faut mettre en évidence. La presque totalité des jeunes de Aïn El Hammam sont des chômeurs, depuis plus de dix ans pour certains. Rares sont, parmi eux, ceux qui peuvent se permettre un thé dans le café du coin. Quant à ceux qui peuvent se payer une place pour assister à un spectacle, ils sont encore moins nombreux.
N’ont-ils pas, pour autant, le droit, eux aussi, à une soirée de détente ? Nous attendons de voir qu’elle sera la réaction des autorités suite à cet avertissement. Le volcan couve et risque d’exploser si des mesures ne sont pas prises à temps.
A. O. T.