Trois années se sont déjà écoulées, depuis la mort tragique du regretté Mokri Meziane, ravi à l’affection des siens à la fleur de l’âge 33 ans. Jeudi passé rien ne semblait atténuer la douleur de sa disparition, pendant la commémoration de sa mort.
La tristesse se lisait toujours sur les visages, des membres de sa famille, ses proches et ses amis, présents en masse, lors de la cérémonie de recueillement devant sa tombe, au cimetière de son village natal Aït Atelli.
La même scène de chagrin et de désolation était perceptible quelques instants après, lors de l’observation d’une minute de silence devant la plaque commémorative érigée en hommage au défunt, au lendemain de sa mort à proximité du stade communal. Une foule nombreuse est venue condamner pour une énième fois, à l’unanimité les circonstances tragiques de sa disparition.
Les qualités humaines, L’altruisme du disparu ont été longuement rappelés durant l’oraison funèbre, prononcée à sa mémoire par l’imam de la mosquée du village qui était également présent au pathétique rendez-vous. Sa mort pour mémoire est survenue dans de douloureuses circonstances. Belloumi, comme ses amis aimaient l’appeler. Un sobriquet, en rapport à son attachement viscéral à l’ex-star nationale.
Il était adepte de belles affiches footballistiques, il quittât son commerce en ce funeste jour, pour s’y rendre au stade municipal, où une banale rencontre de football, mettait aux prises l’équipe de son village, avec celle du village de Taourirt Amokrane, un match final pour le compte d’un tournoi de football inter-villages, organisé par L’APC de Larbaâ Nath Irathen.
À une poignée de secondes du coup de sifflet final de ladite rencontre, Une échauffourée, d’une rare violence, éclatât aussitôt entre les supporters des deux équipes. Le défunt pris de compassion, dans un geste amplement humain, au milieu d’un brouhaha indescriptible, s’inclinât pour ne jamais se relever. Il a juste voulu extirper Hocine, son ami de toujours, piétiné par la foule en furie. Ce dernier, un attardé mental, très connu parmi la population locale. Une main d’un autre âge parmi la foule en délire, a absurdement trahi sa conscience en lui lançant un projectile en pleine nuque. Mortellement atteint, il gisait prés de dix minutes, dans une mare de sang, au milieu des gradins. L’auteur de cet acte ignoble demeure non identifié à ce jour. La victime fut transportée au CHU de Tizi-Ouzou mais en vain. Après prés d’une harassante semaine, de lutte inlassable contre la mort, il succombât des suites d’un traumatisme crânien sévère laissant derrière lui, une mère éplorée, et sérieusement atteinte depuis cette date fatidique.
Ferhat Tahoual