Le cœur et la raison

Yasmina a choisi la journée mondiale de la femme pour offrir, en guise de cadeau, un nouvel album, riche de huit chansons. Enregistré aux studios Jugurthen d’Azazga, l’album est produit par les éditions Izempro. Ceux et surtout celles qui écouteront les nouvelles créations de la talentueuse et non moins prolifique Yasmina, sont d’ores et déjà avertis que le goût des chansons est un mélange concentré de tristesse et de mélancolie. La musique, où la flûte est omniprésente, est une invite à la réminiscence. Quant aux textes, ils sont forts, profonds mais en même temps d’une prégnance incroyable. En réalité, les poémes nous touchent pour la simple et bonne raison que cette femme, qui a trop souffert, ne fait que dépeindre sa jeunesse, car le temps parti ne peut point être rattrapé, Yasmina en veut à son cœur. C’est lui qui, d’après elle, est la cause du ratage de sa vie. Elle le vilipende en usant d’expressions acerbes : «Un jour, je te déchirerai, De mon corps, je t’arracherai». Dans une autre strophe, Yasmina ajoute :«Cesse de soupirer, oh mon cœur, Je n’en peux plus, Laisse-moi guérir, Mes yeux qui pleurent depuis longtemps». Yasmina s’attaque au cœur et aussi à la société. Cette dernière semble être la complice du cœur dans les maux qui s’abattent sur la femme, bien que l’instigateur de cette tragédie n’est autre que l’homme aimé, en lequel la femme avait cru et, qui soudain s’est transformé en un monstre. La virulence est perceptible dans les mots de Yasmina et c’est pourquoi, on ressent, en l’écoutant que cette femme chante avec sincérité. Elle ne cherche pas à plaire car elle avoue que dans ses malheurs, elle est demeurée seule ; ni proches, ni parents pour la consoler :«Oh ! cris du cœur demande au solitaire,Il te raconteraLes longues nuits oùIl n’y a point d’amipour accompagner nos pleurs». L’album, de Yasmina est attendu car il constituera une thérapie à la veille du printemps que d’aucuns souhaitent plus beau. En nous aidant à nous remémorer, Yasmina nous permettra aussi de nous exorciser car la vie continue en dépit des échecs. Chaque échec donne un souvenir et chaque souvenir est une belle chanson, triste certes, mais qui, une fois terminée, nous soulage.

Aomar Mohellebi