Poursuivant son cycle « Auteurs de Béjaïa », lancé il y a peu, le café littéraire a organisé samedi soir à la Maison de la culture, un récital poétique en invitant trois poètes du cru, Fadila Zaouche, Khaled Zirem et Fatah Amrouche, » tous décrivant un monde insensé fantôme, ténébreux, vulgaire, mais un monde où la beauté émerge à travers une esthétique de l’écriture, faite de métaphores de la femme, de l’amour et qui ne sont que des figures salvatrices caractérisant la poésie de nos trois bardes», clamera Nasser Benamara dans la présentation des invités du café littéraire. Pourquoi la poésie ? “Nous voulons réconcilier la poésie avec son public, ses lecteurs donc, car il y a lieu d’admettre qu’elle est injustement boudée par nos institutions publiques : l’école, les mass médias, les maisons d’édition…», annonce d’entrée de jeu l’un des organisateurs. Pourtant, soutiendra-t-il, “la poésie est indispensable du fait qu’elle procure beaucoup de plaisir, du sens par le seul travail du langage, éveillant à la fois notre esprit et notre sensibilité.” Incarnant le don, la faculté et le pouvoir qu’ont les poètes de nous émouvoir, les jeunes membres du café littéraire se sont employés à déclamer la poésie de Khaled, Fadila et Fatah, en faisant un travail soutenu sur la voix, s’appropriant avec doigté leur poésie pour la rendre avec leur sensibilité propre. Ouarda, Hasna, Mamou, Zahir, Tiziri, Nabila et Zahra, se sont relayés les uns après les autres pendant plus d’une heure en déclamant une myriades de poèmes devant une assistance au comble du ravissement. La déclamation est accompagnée par deux jeunes musiciens, Mokrane Tighremt et Amine Laroug, qui nous ont gratifié de très belles compositions musicales. Un riche débat a suivi le récital, durant lequel les questions liées à la poésie, l’édition ont été évoquées autour d’un café que le public a partagé dans le salon de la Maison de la culture. Tous concédèrent qu’il est primordial de faire en sorte que la poésie devienne indispensable dans notre société en l’apprenant à nos enfants dans nos foyers mêmes, pour qu’ils acquièrent l’habitude de lire tout au long de leur vie. Pratique disparue aujourd’hui et tout est fait pour qu’elle ne réapparaisse plus. « L’art et la science participent à la prise de conscience du citoyen et favorisent le développement de sa personnalité « , relève avec justesse un intervenant. Pour lui, si la poésie est marginalisée par les éditeurs entre autres, c’est parce qu’elle est dépourvue de valeur marchande. Ce désintérêt accroît sa marginalisation et seules, peut-être, la multiplication des initiatives prônées, entre autres, par le café littéraire, pourrait réduire le fossé existant entre la poésie et ses lecteurs. A d’autres récitals poétiques donc.
K. D.
