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Le retour aux sources

Ces derniers temps, ou plus exactement ces dernières années, nombreux sont les villages ou les communes, qui par l’union de leurs citoyens organisent des festivités. Ces festivités ne se limitent pas aux poésiades ou à des pièces de théâtre ou autres chants et danses folkloriques, mais font revivre les traditions et coutumes de leurs ancêtres. Si pour certains villages la tradition c’est “timechret”, “tiwizi”, et autres coutumes, pour la commune d’Iboudraren, c’est la transhumance ou la fête de l’estivage.En effet, le jeudi dernier, près de 350 personnes de l’aârch At Boudrar, s’étaient rendues au lieudit “Tamduct n Laz”, ou “Tawint n Laz”, (la source de la faim), pour la fête qui n’a pas été organisée depuis longtemps, selon les organisateurs en l’occurrence les comités de villages de la commune d’Iboudraren. C’est vers 10h du matin que les files de visiteurs (hommes femmes et enfants) venant de la commune et d’ailleurs, ont commencé à arriver vers le lieu ou la fête allait se dérouler. Des citoyens qui continuaient à arriver jusqu’aux environs de 14h30. Après que le repas fut partagé par les visiteurs, c’est autour des femmes d’organiser ce qu’elles seules savent faire à merveille, c’est-à-dire, les chants et danses folkloriques comme elle ont toujours cette habitude de l’Ourar.Vers 16h, des membres des comités de villages et d’organisation de cette fête ont expliqué à tour de rôle l’importance de cet événement qu’est “Tafaska n’Udrar” où la fête de l’estivage. Après l’intervention des trois représentants, Aït Ali Youcef, Aït Hamou Mouloud et Djebbara Djamal, le rassemblement a pris fin par une tournée en cortège vers Aswel. Ainsi cette coutume que beaucoup de villageois ont abandonnée, est connue sous le nom de transhumance, ou en kabyle “aqeddar”, consiste à faire monter les bêtes vers les cimes du Djurdjura, là, où se situent les alpages des prairies herbeuses tels que les endroits comme Tahelwant, Agni n Lehwa, etc… Et lors de cette fête, les villageois se retrouvaient tous en ces lieux. Ces retrouvailles donnaient lieux à des échanges de nourriture et des cérémonies de fête.Si pour cette première, les organisateurs ont trouvé certaines difficultés qu’ils ont tout de même surmontées, “nous comptons organiser cette fête annuellement à partir de l’été 2006, le 1er week-end après le 20 août”, dira Aït Hamou M, pour cela “Nous lançons un appel aux autorités locales pour l’aménagement du site et de la piste reliant Tizi Kouillal vers Tamdouct N Laz et Agni N Lehwa, de même que nous espérons que pour les années a venir la collectivité locale mettra à la disposition des citoyens de la commune d’Iboudraren et même des communes limitrophes, les moyens de transport afin que cette fête soit grande et permette à tous les citoyens de l’ex-commune de Tassaft et d’autres de se rencontrer et de s’unir”, ajoutera notre interlocuteur. Cet appel n’est pas lancé seulement aux autorités mais aussi au citoyens désireux d’apporter leur aide et assistance pour l’organisation de cette fête l’année prochaine, comme ce fut le cas le jeudi dernier, ou les organisateurs nous ont signalé que le citoyen Abdenbi Samir, a pris en charge une partie de l’événement.

B. Mhanna

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