La dernière semaine de Ramadan semble la plus privilégiée pour baptiser les garçons.
Les parents attendent principalement le 27e jour, coïncidant avec Leilat El Qadr, pour satisfaire au rituel de la circoncision.
Les associations sociales, elles aussi, attendent cette période pour faire des coups d’éclats, en organisant des circoncisions collectives, réunissant le maximum d’enfants.
Les instructions ministérielles étant claires, au sujet de ces opérations, la plupart des enfants sont emmenés à l’hôpital de la région qui couvre près de deux cents villages. Du coup on se bouscule au service de chirurgie de l’hôpital de Aïn El Hammam.
A longueur de journée, le bloc chirurgical ne désemplit pas, durant trois jours, mettant à contribution tout le personnel qui doit travailler sans relâche, pour arriver à satisfaire, quotidiennement, une cinquantaine de familles.
Devant le service concerné les garçons en tenue de cérémonie, attendent sur les genoux des accompagnateurs, parfois plusieurs heures.
Dehors, les groupes de villageois qui attendent leurs « héros » du jour, encombrent la route et perturbent la circulation. Ils font la fête comme s’ils étaient au village. Dès l’apparition d’un circoncis, la foule jubile.
Des youyous, des chants et de la danse, au son des « derboukas », fusent de toutes parts. Ils oublient que dans les bâtiments qui leur font face, se trouvent des dizaines de malades qui ont besoin de repos. Pour faire régner l’ordre, à cinq kilomètres de la ville, il n’ y a ni policier, ni gendarme.
Quant au service de sécurité de l’hôpital, il n’est pas habilité à intervenir sur la voie publique.
A.O.T.
