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Entretien Lamia Mahiout, actrice : «J’ai toujours été attirée par la magie du cinéma…»

C’était le film de Younès Boudaoud, Ma mère m’a dit, qui la révéla au public sous le nom de Doudouche. Elle avait interprété le rôle principal du film. Dans cet entretien, elle revient sur ses débuts dans le 7e art, ses projets et surtout le regard qu’elle porte sur un domaine artistique dans un état embryonnaire d’abord et qui nécessite une véritable prise en charge des pouvoirs publics, comme elle le préconise.

La Dépêche de Kabylie : Azul, avant d’entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Lamia Mahiout : Azul, et bien, j’ai 23 ans. Les téléspectateurs me connaissent sous le nom de Doudouche. Je vis en France où je viens d’obtenir mon diplôme MUC (Management des unités commerciales), spécialisé dans les grandes surfaces, mais ma vraie passion c’est le cinéma. J’ai toujours été attirée par sa magie, par l’écriture de scénarios, de la mise en scène et du travail de réalisation. C’est un monde magique, on y retrouve la littérature, le théâtre, la photographie et la musique, en plus de l’animation et le travail d’équipe de créateurs. Un concentré de tous les arts.

Votre passage dans le film Ma mère m’a dit vous a fait connaître auprès d’un large public, Parlez-nous de vos premiers débuts dans le cinéma…

Effectivement, Ma mère m’a dit, est ma première expérience dans le cinéma. A travers ce film, j’ai pu, tant bien que mal, connaître les principes du cinéma. Etre devant les caméras requiert beaucoup de choses, la passion à elle seule ne peut suffire. Autrement dit, on aime toujours avec une certaine vision naïve, dire approximative due essentiellement au manque d’expérience. Mais l’essentiel est d’apprendre et de chercher à comprendre, afin de soigner cette vision et ipso facto, raviver la passion qu’on a pour le travail qu’on fait.

Vous avez interprété le rôle principal dans ce film, comment avez-vous abordé cette première expérience ? Le scénario vous a-t-il complètement convenu ?

Interpréter un rôle pour moi dans un film était un rêve. Alors que dire d’un rôle principal ? Le jour où on me l’a proposé je vais vous surprendre peut-être, j’ai beaucoup hésité avant de donner mon accord. Pourquoi ? Parce que je ne voulais pas m’aventurer dans un projet qui n’était pas clair. Imaginez-vous, ce film a été entièrement fait par improvisation. Tous les acteurs peuvent vous le dire, nous faisions les scènes sans dialogue, en plus du manque de tif auprès du public.

Les moyens dont dispose notre cinéma sont–ils en mesure d’assurer une qualité cinématographique ?

Malheureusement ce n’est pas le cas ! Les supports de travail dont on dispose actuellement sont bien loin d’appomoyens. Donc, cela vous donne une idée sur les circonstances réelles dans lesquelles j’ai fait ce film. Une chose est sûre, c’est grâce à la spontanéité des acteurs et à leur dévouement que ce film a trouvé un écho posirter la qualité escomptée. Le cinéma est un art en perpétuelle évolution, sans trop détailler, son ascension depuis les frères lumières, le cinéma évolue avec l’avancée spectaculaire de la technologie du noir et blanc aux couleurs, de l’analogique au numérique. A chaque période sa spécificité logistique qui se percute sur le produit final. Il est question de qualité. Concernant le cinéma algérien, en général et kabyle en particulier, il est temps de revoir notre copie dans le fond et la forme afin de donner un souffle nouveau à ce domaine qui reste bien trop crispé. Pour le cinéma amazigh et plus spécialement le cinéma d’expression kabyle, je pense humblement qu’il a besoin d’une véritable prise ne charge. Une prise en charge réelle et effective concernant, les moyens, le textes, les réalisations et surtout la diffusion. Sur ce plan, créer une véritable société de distribution qui va prendre en charge cet aspect, ouvrir les salles de cinéma, acquérir les moyens, créer une compagne médiatique pour motiver le cinéphile…tout cela participe pour hisser notre cinéma vers le haut. Sur un autre registre, ce cinéma doit trouver sa voie comme les autres cinémas d’expression arabe et française, qui ont, pour leur part, déjà tracé le chemin. Tout cinéma a besoin de connaissances, d’écoles de cinéma, de professionnels&hellip,; afin d’aider les acteurs en herbe à développer leurs connaissances et aptitudes. Réapproprier la culture cinématographique. Si l’état doit prendre en charge la communication, comme l’énorme travail fait pour l’Equipe nationale, par exemple, mettre autant de moyens pour la culture et le 7e art, on fera de notre pays le meilleur. Pour terminer j’ajouterai que l’Etat doit donner plus d’importance aux artistes, aux journalistes, animateurs …

Avez-vous des projets pour l’avenir

J’ai choisi de poursuivre et de terminer mes études. Actuellement, je suis des cours de cinéma dans une école à Paris. Je suis sollicitée pour d’autres films mais à défaut de temps, j’espère honorer deux ou trois projets qui très bientôt, vont se concrétiser. Je ne vous cache pas mon enthousiasme pour ces projets là car cette fois-ci, ce sont des films qui seront réalisés par des gens du métier dont les états de service parlent de leur professionnalisme ainsi que de leur sérieux.

Je vous laisse le soin de conclure

Je tiens à remercier le journal ainsi que toute l’équipe de la Dépêche de Kabylie et toutes les personnes qui m’ont aidée, qui croient en moi et qui m’ont beaucoup apporté dans ce milieu là sans oublier mes très chers parents qui m’ont toujours soutenue.

Propos recueillis par M. Mouloudj

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