Comme prévu, le prix du baril de pétrole a franchi, hier lundi 29 août, la barre des 70 dollars. Les cours ont triplé depuis le début 2002. Une hausse tirée par différents facteurs géopolitiques, techniques et météorologiques. Le cyclone Katrina, qui touche les côtes américaines s’avère la première raison ayant conduit les cours à la hausse ces derniers jours, les opérateurs s’inquiétant des ravages qu’il pourrait causer sur les nombreuses installations pétrolières offshore dans cette région, selon le Nouvel Observateur. Tous ont encore en tête son prédécesseur Ivan en septembre 2004, qui avait provoqué des dégâts massifs. La reprise quasi-simultanée de toutes les économies du monde l’an dernier a entraîné un boom de la consommation de pétrole (+3,7%), notamment en Chine et aux Etats-Unis, qui se poursuit cette année, même si quelques signes de ralentissement sont perceptibles. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une progression de 2% de la demande mondiale de pétrole pour 2005, à 83,7 millions de barils par jour (mbj) et de 2,1% en 2006. Les craintes sont particulièrement fortes en ce qui concerne le 4e trimestre, en particulier si l’hiver est très froid.
Manque de capacités de production et de raffinageEn outres le manque de capacité de production et le manque de capacités de raffinage sont aussi des facteurs de la hausse des cours. En effet, face à l’envolée de la demande, la production a du mal à suivre. Pressée de toutes parts, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui fournit 40% du brut mondial, a procédé à une série de hausses de son quota officiel de production. Il a été porté récemment à 28 mbj, et pourrait passer à 28,5 mbj. Mais la marge de manœuvre de l’Opep est de plus en plus limitée. Seule l’Arabie saoudite dispose encore de 1,5 mbj de capacité de production supplémentaire, mais il s’agit de pétrole lourd, difficile à raffiner et à ce titre peu apprécié. Certains analystes se montrent sceptiques quant à l’ampleur de la marge saoudienne. Les autres grands pays producteurs pompent à plein régime et ne peuvent augmenter leurs capacités du jour au lendemain. En Russie, le net ralentissement de la croissance de la production commence à susciter des inquiétudes.De l’avis de l’Opep et de nombreux analystes, il s’agit là un véritable nœud du problème. Construire des raffineries permettrait selon le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi, de résoudre « la moitié du problème » des prix élevés. Aucune raffinerie n’a été construite en Europe ni aux Etats-Unis depuis 30 ans. Les pays consommateurs se disent conscients du problème. Pire, une partie des raffineries sont inadaptées au brut lourd, le seul que peuvent ajouter les pays producteurs à leur production actuelle. Cette saturation et cette inadéquation des capacités de raffinage provoquent un manque de produits raffinés tels que l’essence, le fioul de chauffage ou le diesel sur le marché.
Les tensions géopolitiquesL’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite, qui comptent parmi les plus gros pays producteurs du monde, sont régulièrement au cœur de tensions géopolitiques susceptibles de perturber leur production de pétrole.Les opérateurs pétroliers restent par ailleurs attentifs à la situation politique au Venezuela et en Russie, et aux troubles ethniques au Nigeria, qui se traduisent régulièrement par des perturbations du secteur pétrolier.
Synthès Sabrina B.
