La Dépêche de Kabylie : Vous êtes à la tête d’un conseil d’affaires peu connu du grand public. Pouvez-vous éclairer notre lanterne et nous apprendre un peu plus sur vos activités ?ll Olga Maïtland : Le principe du conseil des affaires Algérie-Grande-Bretagne est d’établir un mécanisme pour développer les relations commerciales entre les deux pays. En Grande-Bretagne, nous avons la City de Londres qui est le marché du monde. Sachez qu’il y a 850 banques en Angleterre dont 500 étrangères. Notre but est donc de développer les relations entre l’Algérie et la City de Londres. Aujourd’hui, nous nous félicitons de ce que les relations entre nos deux pays soient bonnes. Nous savons que l’Algérie, pour des raisons historiques, a des relations privilégiées avec la France. Seulement, laissez-moi vous dire que la France est seulement un pays dans l’Europe. La City de Londres, a elle seule, je le répète, est le marché du monde. Votre pays offre d’excellentes opportunités d’affaires avec un marché de 32 millions d’habitants. Concernant le risque Algérie, je dois revenir dans deux semaines en Algérie avec des responsables de Kroll International, chargés d’évaluer à travers le monde les risques pays, pour discuter avec vos dirigeants.
Qu’est-ce qui a présidé à votre choix de Béjaïa ?ll Pour beaucoup de raisons. D’abord, si l’on doit développer les relations entre nos deux pays, ce n’est pas uniquement à partir d’Alger qu’on pourra le faire. Il faut prendre le pouls du pays profond à travers son histoire, ses traditions, son ambiance. De plus, votre charmante ville a tous les attributs d’une grande ville, moderne : aéroport, port, université. De même, il est important de rencontrer des familles, de m’imprégner de leur mode de vie. La remarque qui saute aux yeux d’emblée, c’est que les gens, ici, sont gentils et surtout bien élevés.
La réputation de l’Algérie a été largement entamée tout au long de ce que nous appelons ici la décennie sanglante et la réalité travestie. A travers ces quelques jours passés à Béjaïa, quelle sera l’image que vous allez emporter et montrer chez vous ?ll La toute première chose que je dirai, c’est que l’Algérie est très sécurisée. Il n’y donc pas de problème de ce côté. Et le terrorisme, c’est fini ! Vous voyez, je circule sans protection spéciale. Je dirais même plus, on est plus en sécurité ici qu’à Londres où l’on pose des bombes dans le métro. Ici, pas du tout. A mon retour à Londres, je consacrerai une grande partie de mon temps à introduire auprès des décideurs la nouvelle image de votre pays. Je serais extrêmement heureuse de corriger certains clichés et idées fausses.
Votre visite coïncide, hasard ou pas, avec un grand débat lancé autour du projet présidentiel de réconciliation nationale. Quel est votre avis sur ce grand thème qui vise à restaurer et à asseoir définitivement la paix ?ll Pour moi, la paix est très importante. Le pays est sécurisé. Vous avez un président qui travaille beaucoup pour instaurer une paix durable. Il est donc nécessaire pour avoir cette paix d’aller vers une réconciliation. Il faut y aller sans trop se poser de questions car c’est la bonne voie.
Avez-vous un message à délivrer à Béjaïa, à la Kabylie, à l’Algérie ?ll J’espère pouvoir revenir dans votre magnifique pays. Sachez que je laisse à Béjaïa un peu de mon cœur. C’est le commencement d’une amitié qui sera, je l’espère, très très longue.
Entretien réalisé par Mustapha R.