Seddouk Retard dans la réalisation d’une conduite AEP / Des villageois menacent de fermer l’APC

L’arrêt du projet qui a trop duré a soulevé le courroux des notables qui ont agi sévèrement en rédigeant une pétition adressée au P/APC, lui demandant la reprise immédiate des travaux, faute de quoi, ils bloqueront la mairie

Il y a trois ans, les notables des trois villages d’Amdoune n’Seddouk : Tibouamouchine, Seddouk Ouadda et Ighil n’Ddjiber, ont d’un commun accord demandé à l’APC le changement de la conduite d’eau vieille de plus de 50 ans, usée et piratée par des branchements anarchiques. Le président de l’APC trouvant leur demande fondée leur a accordé dans le cadre des PCD, un projet de 8 millions de dinars. Il y a deux ans, l’APC actuelle avait lancé les travaux dudit projet. Mais seulement l’entreprise en charge du projet après avoir réalisé 80% des travaux, a buté sur des entraves dressées par un propriétaire qui refusait le passage de la conduite à travers sa parcelle de terre. L’arrêt qui a trop duré a soulevé le courroux des notables qui ont agi sévèrement en rédigeant une pétition adressée au P/APC avec copies à qui de droit, lui demandant d’ordonner à l’entreprise, la reprise immédiate des travaux, faute de quoi ils prendront des mesures allant jusqu’à la fermeture du siège de la mairie ou ester en justice l’APC pour largesses accordées à l’entreprise au détriment des citoyens qui souffraient du manque d’eau. Devant l’ultimatum donné par les notables, l’APC a mis en demeure l’entreprise de reprendre les travaux. Mais le hic c’est que l’entreprise se voyait toujours refuser la continuité des travaux par le propriétaire qui s’accrochait toujours à son refus initial. L’adjoint du maire, Hamidouche Ouali, consulté à cet effet, raconta en détail la position de l’APC et les démarches entreprises: «On a hérité d’un projet très complexe mais ce n’est pas pour autant qu’on va baisser les bras. On a d’abord répondu aux notables leurs disant que l’APC continuera la réalisation du projet et s’il y a des entraves, la justice sera saisie. On a ensuite adressé trois mises en demeure à l’entreprise la sommant de reprendre les travaux dans les meilleurs délais. Comme le propriétaire maintenait toujours son refus catégorique, nous n’avons pas eu un autre choix que de charger un huissier de justice qui s’est présenté cette semaine sur le lieu et a discuté même avec le propriétaire qui ne veut toujours pas céder. Nous attendons donc le constat rendu par l’huissier pour ficeler un dossier qui sera présenté incessamment au procureur». Et il renchérit. «L’endroit d’où jaillissent les deux sources n’est la propriété de personne. Avant, il y avait des chemins d’accès jusqu’à ces sources. Mais, il y a quelques années, les riverains les ont supprimés en construisant des murs. Pour être bien précis, dans le dossier que nous transmettrons à la justice, non seulement, on exigera le passage de cette conduite, mais aussi la réouverture des anciens chemins menant aux sources, pour que dorénavant, si les agents de la commune ou les notables des villages veulent se rendre à ces sources, ils n’auront plus besoin de consulter quelqu’un pour les laisser passer». Du côté de la population représentée par les notables, l’un d’eux nous affirme : «L’APC fait en ce moment un bon travail au sujet de ce problème, donc, nous ne faisons que suivre de près son évolution. Si la justice ou l’APC nous saisissent pour de plus amples informations pour compléter le dossier, nous les donnerons». Cette affaire qui fait toujours couler beaucoup de salive et d’encre, dure depuis maintenant trois ans.

L. BEDDAR