La forêt d’Akfadou fait face à mille périls. Ce poumon du versant sud du Djurdjura, qui s’étend sur un territoire de plus de 1 500 hectares se réduit comme une peau dechagrin en raison principalement de l’action anthropique.
De la coupe illicite de bois aux incendies à répétition en passant par la pollution, la sécheresse et les maladies, le rétrécissement de l’écosystème a atteint un seuil alarmant. Des pans entiers du biotope partent en lambeaux, entraînant dans leur sillage la disparition progressive de la biodiversité riche d’une multitude d’espèces faunistiques et floristiques. A terme, c’est tout ce milieu froissant de vie et à l’équilibre si fragile, qui risque de vaciller.
A l’occasion d’une récente virée au cœur de ce massif forestier, nous avons été sidérés par l’ampleur de sa profanation et le degré de sa dégradation, du fait de la prolifération des ordures. Les abords de la RN/2 entre Adekar et Yakouren sont jonchés de détritus de toutes sortes et de sacs en plastique, bourrés de canettes et de bouteilles de bière. «Ce sont généralement des passagers de cet axe routier qui balancent leurs poubelles à travers les vitres de leurs véhicules, parfois sans même prendre le soin de s’arrêter», témoigne un citoyen du village Ighil Lekroun (Béni Ksila). Même les recoins qu’on croit hors d’atteinte de ces hurluberlus et donc théoriquement vierges de toute pollution ne sont pas épargnés. En effet, en s’enfonçant dans le sous bois, le même décor sinistre s’impose à la vue : restes de nourriture, packaging divers, tessons… envahissent le milieu. «Nous avons beau nettoyer, mettre en garde et sensibiliser les randonneurs et la population en général sur les méfaits de ces comportements irresponsables. C’est comme si on prêchait dans le désert», se désole un garde forestier, qui en appelle au sens civique des citoyens. «Même armé de la meilleure volonté du monde, s’égosille-t-il, on ne pourra rien réaliser de positif sans la coopération de tout un chacun.
N. Maouche