Ouyahia parle de paix et de relance économique

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De bout en bout de son discours, pendant une heure, Ouyahia ne s’est pas départi de communiquer en kabyle bien châtié, pour aborder plusieurs thèmes à la fois. La grande salle de la Maison de la culture était archicomble, pour écouter Ahmed Ouyahia intervenir sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, en exhortant l’assistance, à parler plus du sujet, et répondre à l’appel au vote le 29 septembre, pour enfin sacraliser le projet du président de la République Abdelaziz Bouteflika.Parmi toute l’assistance, composée de femmes et d’hommes de tout âge, Mme Flici, présidente de l’Association des victimes du terrorisme, du personnel de l’administration, d’investisseurs locaux, du président de la Chambre de commerce, des comités de soutien, des parents de martyrs du Printemps noir, du secrétaire général de l’Union de wilaya UGTA, des militants de partis politiques et de la présence surprise de la fondation Matoub Lounes représentée par Malika (la présidente) et Na Aldjia Matoub (mère de Lounes).D’emblée, Ouyahia évoque les personnalités de la région qui ont marqué les mémoires, comme Abane Ramdane, Krim Belkacem, Amirouche, Ahmed Oumeri, Cheikh Mohand ou L’hocine, pour enfin citer Matoub Lounes, et a vu la salle vibrer d’applaudissements, au moment où Ouyahia adresse un salut particulier à la mère de Lounes présente dans la salle. La Kabylie, dira-t-il, a toujours été une région fière de l’Algérie et l’Algérie fière de la Kabylie. On ne peut admettre sa distinction, sous n’importe quel angle soit-il, et cite le courant autonomiste lancé comme option, plus puisé de l’Internet que dynamique réelle dans la société. A ce titre, Ouyahia met dans le même sac les porteurs des projets autonomistes, fédéralistes, régionalistes, pour enfin les définir comme options dangereuses, et que la Kabylie est historiquement hostile à ces projets. Il évoque, pour appuyer sa thèse, l’implication et le rôle joué par les enfants de la région, dans le combat libérateur. Aussi, la Kabylie, dira-t-il, n’a pas été épargnée par l’hydre intégriste et terroriste. Il n’y a pas un village, une commune, qui n’est pas touché, des familles sont endeuillées par les crimes abjectes des terroristes. Elle est concernée, comme toute autre région, par le destin de l’Algérie. En ce sens, le projet de charte pour la paix doit être défendu et soutenu par les populations de la Kabylie. Il rappelle que depuis le 13 juillet 2000, pas moins de 6 000 terroristes se sont rendus. Il n’en demeure pas moins, que des poches continueront d’activer et de s’opposer par la violence au projet de paix, il citera l’exemple de l’OAS qui a été réfractaire et violente contre l’indépendance en 1962. Saint’Egidio, c’est fini, le projet de charte pour la paix protègera les martyrs du devoir national, comme l’Etat algérien se penchera sur les disparus, qui, pour la plupart a été l’oeuvre des terroristes, tout en rendant un vibrant hommage à l’ANP et à l’ensemble des forces de sécurité qui ont maintenu l’Algérie républicaine debout.La réconciliation nationale et la concorde civile ont déjà permis la libération des détenus des prisons de Reggane, Oued Namous, pour permettre une réinsertion sociale et le retour à la paix. Il rappelle qu’en 1995, tous les pays chez qui on devait s’approvisionner en cartouches (munitions) pour la garde communale ont refusé d’y répondre, seule la Chine a répondu favorablement à notre démarche. La paix est possible, l’Irlande, après 30 ans de violence, ou bien l’ETA en Espagne, l’Afghanistan, sont les trois exemples cités pour convaincre du bien-fondé de la charte pour la paix, soumise à référendum le 29 septembre. L’orateur dira que le projet passera avec plus de 50 %, mais nous recherchons un plébiscite plus fort que cela, de l’ordre de 85 % pourquoi pas. Ouyahia revient à la région, pour dire que le pire et derrière, le chaos de 2000/2003 est totalement dépassé. La paix est un impératif, pour que la loi s’installe et que l’Etat agisse dans le sens de la justice effective. Ouyahia annonce en grande pompe que ce soit pour Tizi Ouzou ou Béjaïa, d’importantes enveloppes budgétaires qui aideront la relance économique de la Kabylie.Pour Tizi Ouzou, 78 milliards de dinars seront injectés dans le développement socioéconomique. Cette enveloppe représentera les coûts de 40 000 logements, 30 lycées et collèges, 20 cantines scolaires, 16 000 places pédagogiques à l’université, 20 000 places dans les cités universitaires, des polycliniques et centres de santé dans les zones rurales, le revêtement de tout le tissu routier de la wilaya, 45 000 foyers auront le gaz naturel, 7000 locaux pour les jeunes chômeurs, des salles de sports et le stade de la JSK qui sera lancé incessamment.Aussi à Béjaïa où pratiquement la même ambiance et le même discours ont caractérisé la rencontre, 43 milliards de dinars sont annoncés pour la wilaya, qui bénéficiera de 26 000 logements et de 7 000 locaux pour les jeunes chômeurs. A l’occasion, que ce soit à Tizi Ouzou ou à Béjaïa, Ouyahia a appelé à un vote massif le 29 septembre, en attendant la tournée du président Bouteflika.

Khaled Zahem

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