Ce tronçon de 45 km peut être qualifié sans erreur ni exagération de plus sale et de plus anarchique sur l’ensemble des routes des deux wilayas (Bouira et Bgayet). Ce qui attire l’attention et soulève le cœur ce sont d’abord les amoncellements discontinus et à perte de vue, d’ordures ménagères des deux cotés des amoncellements qui se transforment en…monticules, au niveau de nombreux ruisseaux, que traverse cette route. Des tas d’ordures jetés sans aucun état d’âme en pleine nature dans des sacs ventrus, d’autres…éventrés, soit par des animaux sauvages, soit par l’usure de l’emballage, les fossés débordent de détritus, de canettes de bière et même de cadavres d’animaux écrasés par des chauffards dont certains ne prennent même par la peine de les écarter, les abandonnant en plein milieu de la chaussée. Ce tronçon traverse l’une des plus importantes région d’Algérie, en matière d’oliveraies, qui forment une authentique jungle d’oliviers en plus de porter atteinte a l’environnement, les ordures éparpillées à travers les champs, sont a l’origine d’une effroyable pollution pour ces centaines de milliers d’oliviers et d’incalculables vergers de maraîchers. L’état de pourriture de ces déchets ménagers et la rouille de diverses boites de conserves, démontre on ne peut mieux quelles sont là depuis des décennies et font désormais partie du décor, qu’on remarque d’ailleurs à peine, bien que spectaculaire. Ce hideux tableau a fini par être banalisé et ne semble déranger plus personne malgré ses effroyables répercutions sur l’environnement et par ricochet sur la santé publique. Cette route qui enregistre pourtant l’un des plus importants trafic routier de l’Est du pays, en raison de l’existence d’un port et d’un aéroport à Bgayet, est empruntée aussi par tous les voyageurs allant ou venant de Jijel et Skikda, qui sont également des villes portuaires. Cette route étroite complètement cabossée, traverse ainsi de nombreuses et importantes agglomérations, à proximité desquelles s’opèrent des transactions qui s’apparentent a de véritables marchés de gros de fruits et légumes, et cela directement sur les accotements de la RN 26, créant une indescriptible anarchie à l’origine d’obstructions de la circulation automobile et d’énormes embouteillages. Ceci en plus des baraques, dans lesquelles s’abritent les marchands réalisées à l’aide de branchages et des toitures en chaume, qui ressemblent à des huttes de la préhistoire. Une population prompte à réagir, en bloquant cette route pour une courte pénurie d’eau ou la rupture d’électricité mais qui reste passive devant une inqualifiable agression contre leur environnement, une résignation qui trouve son origine, dans un état de mentalité rétrograde. A croire que les pouvoirs publics sont frappés de cécité pour ignorer ainsi cette lamentable situation, une seule chose peut les tirer de leur léthargie et les faire réagir : leur demander des comptes, quant à la manière dont sont dilapidées les faramineuses enveloppes débloquées pour le financement des opérations à répétition de blanche Algérie, depuis une dizaine d’années. Est-ce réellement ce genre de décors qu’on doit offrir à la vue des milliers de touristes venus des quatre coins de la planète, pour admirer les grottes merveilleuses d’Aokas, la paradisiaque Yemma Gouraya ou le majestueux Djurdjura ? Sans oublier les enivrantes stations balnéaires de Tychy : C’est par la repoussante RN26 que doivent transiter les touristes avant d’arriver a ces merveilles naturelles. Des touristes qui doivent bien rire sous cape, quand ils croisent nos pontes brillants et tirés à quatre épingles : «toi qui te maquilles de l’extérieur, quel est ton état intérieur ?», dit l’adage populaire.
Oulaid Soualah
