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Regard / Novembre, la belle révolution

L’appel du 1er Novembre fut le détonateur d’une révolte portée par tout un peuple. “A vous qui êtes appelés à nous juger, notre souci, en diffusant la présente proclamation, est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussées à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bien-fondé de nos vues dont le but demeure l’indépendance nationale…” C’est par ces phrases que les combattants annonçaient à la face du monde leur volonté de combattre le fait colonial : une poignée d’hommes sans moyens, avec une immense conviction sur la légitimité du combat mirent en œuvre, une révolution qui devait servir de modèle à bien des mouvements de libération de par le monde. Le 1er Novembre 1954 est, à juste titre, le dernier épisode symbolique du combat incessant du peuple algérien pendant plus de 25 siècles. De toutes les guerres que l’Humanité a connues, la nôtre est celle qui a inspiré les mouvements de libération de par le monde. Face au colonisateur, une poignée d’hommes intègres et visionnaires, soutenus par tout un peuple résolument engagé ont déclenché cette révolution qui a permis aux Algériens de se libérer du joug colonial et d’amorcer une autre bataille, celle de l’édification Premier Novembre 1954. Un peu après minuit, des bombes explosent à Alger. Dans l’Aurès, l’instituteur Monnerot et un caïd local sont abattus par des Moudjahidine. Il ne s’agit pas d’une simple flambée de banditisme. Même si elle ne fait “que” sept morts, la “Toussaint rouge” marque le début d’une longue et douloureuse épreuve pour la France. L’Algérie, ce jour-là est réveillée par une soixantaine d’explosions et d’attentats ; ils font une dizaine de morts. Rares sont ceux qui réalisent que la France vient d’entrer dans une guerre. Les actions déclenchées dans le plus grand secret par une poignée d’hommes en ce jour de Toussaint surprennent, par leur étendue et leur simultanéité les autorités françaises. Au total, une soixantaine de sabotages et d’attaques de gendarmeries, de mairies, fermes de colons, ponts et postes électriques, en différents endroits d’Algérie. Les conséquences de cette guerre, que la France ne reconnaîtra comme telle qu’en 1999, se firent rapidement sentir. La IVe République tombera, le général de Gaulle, appelé pour sauver l’Algérie française, se rendra vite compte, au grand dam des colons, que la seule issue est l’indépendance. La politique prendra le relais des armes pour aboutir à un cessez-le-feu, le 19 Mars 1962, puis, à l’indépendance, le 5 Juillet.

Ferhat Zafane

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