La région de M’chedellah accuse une fois de plus une panne sèche sur le réseau AEP qui alimente 80% de la population.
Au moment où dans d’autres régions l’on a enregistré des inondations, crues ou débordements de ravins et ruisseaux, dans la région de M’chedallah on accuse plutôt une fois de plus, une fois de trop une…panne sèche sur le célèbre (grâce à ces pannes) réseau sectoriel d’AEP, qui alimente 80% de la population de la daïra, à partir de Ainsar Averkhane (source noire) de Saharidj. Une panne à propos de laquelle toutes les communes concernées ont déclenché un charivari à base d’affichages sur les places publiques ou à partir de haut-parleurs, perchés sur les minarets des mosquées, pour avertir les citoyens de cette rupture subite d’AEP qu’on annonce pour une durée de 03 jours. Les «annonceurs» ont en plus pris le soin d’expliquer cette énième rupture par des travaux sur le nouveau tronçon à proximité du point de l’habituelle avarie, qui y survient d’une manière…régulière depuis plus de 5 ans au lieudit «imri», en périphérie du village Ath Hemmadh. Un tapage qui ne peut être qualifié que de fuite en avant pour absorber d’éventuelles colères des citoyens en s’en lavant les mains, amputant l’avarie aux… travaux de réfection. Une explication remise en cause par des sources proches de ce secteur d’AEP, qui affirment que la cause de cette nouvelle panne est toujours la même, soit un nouvel écartement de la tuyauterie à l’endroit habituel. L’origine de l’avarie ? Parce qu’il a plu durant cette semaine. Nos «sources» sont catégoriques : la réalisation d’un nouveau ouvrage en ces lieux, dont les travaux sont en cours, n’a rien à voir avec l’avarie qui trouve son origine dans un nouveau glissement du terrain instable, suite aux dernières averses de pluies et aux infiltrations. Nos interlocuteurs sont formels ; la seule rupture obligatoire à cause des travaux sur ce nouveau tronçon interviendrait dans environ 15 jours, soit durant l’opération de raccordement, après livraison de l’ouvrage aérien réalisé sous forme d’une passerelle de 900 m, à base de poutrelles, d’acier qui serviront de support à la tuyauterie, un ouvrage nous explique t-on renforcé par des murs de soutènement des deux cotés de la passerelle, aménagés sous forme de gabionnages. Cet ouvrage a été imaginé et évoqué dans ces mêmes colonnes en…2008 ; un reportage dans lequel nous avions tenté d’orienter les gestionnaires de ce réseau d’AEP sur un matériel disponible conforme pour la réalisation de cet incontournable ouvrage aérien. Il s’agit d’anciens poteaux d’une ligne d’électricité de l’ex-EGA, réalisée par les français, dont les cornières épaisses de ces poteaux bien protégées par une résistante et épaisse couche de peinture anti-rouille, sont d’une solidité a toute épreuve, hélas ce ne sont pas ces poteaux perdus qui ont été récupérés, mais des poutrelles neuves. Les centaines de pilons de cette ancienne ligne continueront à narguer tout le monde en servant pour longtemps encore de témoins debout d’un gaspillage plutôt visible. Espérons qu’avec la reprise de ce tronçon à problème, le spectre de la rupture d’AEP, à tout bout de champ sur ce réseau sectoriel, qui alimente plusieurs dizaines de milliers de foyers, serait définitivement écarté bien que les réseaux de distribution sont de véritables passoires et qu’il ne serait pas exagéré de dire que plus de 40% du débit de cet important captage se perdent inutilement en chemin dans d’innombrables fuites durables, qui ne servent qu’à inonder les voies d’accès et à détériorer des routes nouvellement revêtues en béton bitumé (BB). Un lamentable décor est observé au niveau des agglomérations de toutes les communes sans exception, qui sont alimentées par ce réseau ou par d’autres ouvrages secondaires, une révoltante perte d’eau qui pénalise et le consommateur et le secteur de l’agriculture qui en a grand besoin et dont seul une volonté politique pourrait en venir à bout, sachant qu’avec l’actuelle historique manne financière emmagasinée dans les caisses de l’Etat, tous ces réseaux défectueux peuvent être repris et gérés d’une manière rationnelle et bénéfique.
Oulaid Soualah
