C’est la même aventure, avec à la clef, une cinglante fin de non-recevoir de la banque qu’a eu à vivre le sémillant Sofiane, dont le dossier pourtant ne souffre d’aucune faille, soutient-il.
Que de fois n’a-t-on pas vu des jeunes chômeurs – promoteurs souscrire à la formule du microcrédit pour fructifier leur savoir-faire avant de se résoudre, la mort dans l’âme, à jeter l’éponge et abandonner la partie ?
Que n’a-t-il pas fallu de courage et de ténacité à ces candidats à l’investissement pour bousculer tous les obstacles bureaucratiques qui se dressent sur leur parcours et triompher de toutes les pesanteurs pour donner un contenu concret à leur rêve, celui de monter leur propre entreprise. Hélas, « Les banques ne jouent pas toujours le jeu », tel est l’argument massue, ressassé par nombre de ces jeunes promoteurs, pour expliquer que leur initiative a débouché sur un flop. « J’ai fourni un dossier en béton, avec, en sus, une attestation d’éligibilité délivrée par la CNAC. Et quelle ne fut ma surprise d’apprendre que la banque qui devait participer au financement de mon projet m’a opposé un niet catégorique », confesse désenchanté une jeune diplômée fraîche émoulue. C’est la même aventure, avec à la clef, une cinglante fin de non-recevoir de la banque qu’a eu à vivre le sémillant Sofiane, dont le dossier pourtant « ne souffre d’aucune faille », soutient-il. « J’ai la nette impression que la plupart des banques ne tiennent pas en haute estime, les postulants qui projettent d’investir dans le domaine agricole. Et dire que je me suis démené comme un beau diable pour pouvoir réunir les fonds nécessaires à ma quote-part », ajoute-t-il, désabusé. Mais Sofiane n’est pas, à l’évidence, du genre à s’en laisser compter. Son entêtement n’a d’égal que sa farouche détermination à se battre jusqu’au trognon pour s’extraire de la quadrature du cercle, pour décrocher le fameux sésame, synonyme d’augure prometteur.
D’aucuns parmi ces chômeurs-promoteurs, dont les démarches auprès des banques ont fait choux blanc, vitupèrent contre la persistance de « réflexes anachroniques » chez certains banquiers qui, sous couvert d’arguties aussi faciles que factices, trouvent toujours la parade pour éconduire le demandeur de crédit. « Allégations farfelues et dénuées de tout fondement », rétorque un responsable local d’une banque publique, l’un des rares banquiers à avoir eu l’obligeance de déroger à la loi de l’omerta qui semble de rigueur dans ce secteur. Se voulant circonspect, il enchaînera : « Notre métier est, entre autres, de prêter de l’argent. Mais il va sans dire que tout crédit est subordonné à une conditionnalité afin de garantir son recouvrement. »
N. Maouche
