Au cours d’une visite d’inspection à l’hôpital Mustapha d’Alger, le ministre de la Santé a révélé que son département allait procéder au recrutement de médecins étrangers spécialistes pour les régions du sud. Ce n’est pas que l’Algérie manque de spécialistes à ce point mais les médecins algériens qui y ont été affectés, notamment des femmes, ont refusé d’aIler travailler dans cette partie du pays. En fait, ce n’est pas seulement cette partie du pays qui souffre du manque de médecins mais une bonne partie du pays ou ce que l’on appelle habituellement les zones déshéritées. Des hôpitaux flambant neuf, parfois dotés de matériels sophistiqués ne fonctionnent que partiellement, faute de médecins spécialisés. Un grand nombre de ceux-ci préfèrent chômer à Alger, Constantine ou Oran plutôt que de se rendre dans ces zones où on a tant besoin d’eux ! Il est vrai que les familles ne sont pas toujours prêtes à envoyer leurs filles, notamment quand elles sont célibataires dans les régions éloignées mais il n’ y a pas que les femmes à refuser ces postes ! Il est encore vrai qu’il est difficile de s’arracher à ses habitudes, de s’éloigner de sa famille, d’aller vivre dans des régions déshéritées où souvent on manque de tout, mais l’amour du pays, ne dicte-t-il pas des sacrifices, somme toute modestes par rapport aux privations et aux souffrances endurées par des populations, qui sont aussi, il ne faut pas l’oublier, nos compatriotes ? Et puis, ne revient-il pas à ces médecins, mais aussi aux enseignants, aux ingénieurs, aux architectes, et à d’autres cadres, formés à grands frais par la collectivités, de développer ces régions ? C’est non seulement un devoir national mais aussi une obligation morale.
S. Aït Larba
