Aïn El Hammam / La hantise des faux billets

Depuis que la presse parle de la fausse monnaie, retrouvée çà et là les citoyens voient d’un mauvais œil les billets de 1 000 Da. On se surprend soudainement à préférer les bonnes vieilles coupures de 200 Da, même toutes fripées. Un vieux retraité qui vient de retirer sa pension ne se plaint pas, paradoxalement, de détenir toute une liasse en lambeaux. «Avec ceux là on est, au moins, sûr d’avoir de l’argent propre. Avec les billets de cent, on ne sait jamais», avoue-t-il. Les billets de 1 000 Da sont, en effet, devenus suspects, depuis quelque temps. A la poste, on ne les demande plus comme auparavant. Ceux qui les détiennent sont perplexes. Du coup les commentaires vont bon train : «Plus il sont neufs, plus ils présentent des risques. Il semblerait que même les machines à détecter les faux billets se trompent. Et les banques, sont-elles à l’abri des faux-monnayeurs ?», se demandent-ils. Par ailleurs, le comportement des commerçants n’incite pas à la sérénité. A chaque fois qu’on en présente un de ces maudits billets, pour payer des achats, ils le passent au peigne fin, faisant de nous de potentiels faux monnayeurs. «Nous sommes justiciables malgré nous. Que faire alors pour éviter les ennuis ?», s’interrogent les citoyens. Ainsi, tout le monde en parle et chacun y va de son explication sur la manière de détecter les intrus. Cela va du fil argenté qui doit être en relief, à l’effigie de l’émir Abdelkader, en passant par les numéros dont la somme devrait donner un certain chiffre, etc. Aucune méthode n’est fiable, cependant. La hantise d’en détenir, involontairement, et risquer, de ce fait, de se retrouver au banc des accusés, gagne toute la population.

A. O. T.