Saharidj / Le village Iwaqquren réclame l’électricité

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Les deux villages d’Iwakouren Thadart Lejdid et Ighzer, situés en haute montagne dans la commune de Saharidj, ont été désertés par leurs habitants durant la décennie rouge. Les citoyens, en totalité agriculteurs, ont abandonné la mort dans l’âme, leurs terres et ont dû se séparer de leurs cheptels en procédant à son bradage, pour aller rejoindre des zones sécurisées et plonger malgré eux dans une précarité totale. Des réfugiés qui n’ont survécu que grâce à la solidarité de leurs proches. Ces déracinés suivent avec une attention particulière l’évolution du volet sécuritaire dont l’amélioration mettrait fin à leur misère et à leur calvaire. C’est ainsi que depuis environ 3 ans, ayant constaté un net recul du terrorisme, ils ne se sont pas fait prier pour regagner leur village et reprendre leurs activités agricoles. Une première vague de 45 villageois se sont réinstallés avec leurs familles, des éleveurs notamment, malgré la dégradation des moyens d’accompagnement tel que la route, l’électricité jusqu’à leurs habitations qui ont subi des dégâts, étant abandonnées durant plusieurs années par incitation et effets d’entraînements. De nombreux autres villageois répondant à l’appel de la terre de leurs ancêtres, s’apprêtent à regagner Iwakouren, apprend-on auprès de quelques membres du mouvement associatif de Thaddarth Lejdid et Ighzer, des associations qui ont multiplié des actions de volontariat et d’activités d’utilités publiques, façon d’encourager le reste des réfugiés encore hésitant à regagner leurs villages, en améliorent l’état des routes et l’acheminement de l’eau. Peu à peu, la vie reprend à Iwakouren, les vergers recommencent à fleurir, les immenses parcours de pâturages à être de nouveau animés par des troupeaux d’ovins et de bovins, au moment où de nombreux ruchers achèvent de compléter un agréable tableau de deux villages de haute montagne à vocation agro-pastorale, qui renaissent de leurs cendres tel des phénix. Cependant, la volonté de ces citoyens à reprendre définitivement possession de ces deux villages et égayer de nouveau les paradisiaques flancs sud de lala Khadîdja, bute sur une contrainte qui a terni et freiné leur ardeur et qui se situe au niveau de l’alimentation en énergie électrique, et cela à cause du manque de deux transformateurs retirés dans les années 1990, pour les soustraire aux actes de sabotages. L’ensemble de l’ouvrage encore en bon état, poteaux et fils auxquels ne manquent que ces transformateurs que SONELGAZ tarde à replacer, malgré les plusieurs demandes formulées. C’est pour cela que le mouvement associatif d’Iwakouren, les sages et notables lancent un énième appel à l’ensemble des autorités concernées afin d’accélérer la remise en service de cette ligne et libérer l’électricité qui n’est plus une commodité mais une nécessité absolue pour une relance totale des activités agricoles qui absorberont un important taux de chômage et contribueront à améliorer sensiblement le niveau de vie de centaines de familles, et cela en plus de réduire l’effet catastrophique de l’exode rural et diminuer le calvaire du surpeuplement qu’accuse la petite ville de Raffour, où se sont concentrés tous ces déracinés qui ne demandent qu’à regagner la terre natale.

Oulaid Soulah

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