Bouira / Journée mondiale de lutte contre le sida : Tant que les tabous subsistent…

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Les derniers chiffres annoncés par le docteur Soufi, président de l’Association de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et par la promotion de la santé reflètent-ils précisément la réalité du terrain ? Il faut reconnaître qu’en l’absence de centres de dépistage, un problème crucial qu’affrontent les associations de lutte contre le sida en Algérie il n’est pas aisé de se prononcer sur un chiffre exact.

Aussi, le réseau Afrique 2000, place parmi les priorités de son plan d’action, la création de plusieurs centres de dépistage dans les différents pays du Maghreb et d’Afrique. Même si les statistiques montrent clairement que depuis 1985, année de l’apparition de cette maladie en Algérie, le nombre de séropositifs a évolué tout comme les porteurs du virus, le docteur Skander Abdelkader Soufi, invité lors d’une conférence par le quotidien El Moudjahid a lui-même révélé que les chiffres demeuraient ‘’ très loin de la réalité… “et que ….L’Algérie avec un taux de 01% de personnes atteintes continue à enregistrer une relative accélération des contaminations.” Il est vrai que dans son rapport 2010, relatif à l’évolution du VIH sida dans le monde, l’Organisation onusienne indique que l’Algérie figure parmi les pays où les dons de sang sont totalement contrôlés (100%) et «avec une qualité assurée» par les centres de don de sang. Toutefois, si la contamination par voie sanguine demeure “contrôlée», il n’en n’est pas de même pour les relations non protégées. Des relations à hauts risques dont la morale empêchent toutes discussions. Il n’est pas aisé même pour les autorités sanitaires de faire passer un message dans son intégralité sur le sida sans heurter la sensibilité de certaines familles ultra conservatrices. Les interdits balisant la société algérienne ne souffrant d’aucun écart, il demeure quasiment impossible de porter à la connaissance de l’Algérie profonde, les vecteurs principaux du virus HIV. Dans la vie de tous les jours, on se rend compte que la totalité des pharmacies proposent à la vente des moyens de protection comme le préservatif, et ce produit est bien exposé en évidence sur le devant du comptoir comme pour mieux se rapprocher des clients. Malgré cela, les réticences des citoyens perdurent, comme si l’acquisition d’une boite de préservatifs pourraient être mal perçue, mais aussi et surtout du sempiternel “qu’en dira-t-on ?’’ En Kabylie, évoquer le Sida demeure toujours un sujet tabou, même si les services du ministère de la Santé via ceux de la DSP organisent occasionnellement des rencontres, des campagnes de sensibilisation sur ce fléau et surtout que les hôpitaux garantissent l’anonymat aux personnes voulant faire le test du VIH. A Bouira, comme dans les autres wilayas du pays, les chiffres ne sont pas toujours disponibles au niveau de la DSP. On ignore donc avec exactitude les ravages causés par cette maladie qui continuera à évoluer tant que les tabous subsistent.

Hafidh.B

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