Handicapés… les difficultés d’une insertion sociale !

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Une personne handicapée peut-t-elle arpenter facilement les artères de la ville des Genêts ? Au milieu des trottoirs défoncés, des égouts à ciel ouverts, ses décharges empêchant les piétons de circuler, il est quasiment impossible pour cette catégorie de se frayer un chemin.

Alors que des sommes vertigineuses sont consommées dans le cadre des différents programmes de développement lancés à Tizi Ouzou, les équipements dédiés à la catégorie d’handicapés sont pratiquement inexistants. Vivre avec son handicap est des plus pénible dans la ville des Genêts.

L’occasion de la célébration de la journée internationale des handicapés a relancé justement le débat sur l’inexistence des infrastructures spécialement aménagées pour faciliter la vie à cette catégorie sociale vulnérable. Circuler, à titre illustratif, dans les différentes artères de la ville des Genêts est rendu difficile par les dégradations constantes que subies les installations pourtant récemment rénovées. Le faire est pour les gens  » en bonne santé  » n’est pas une simple sinécure particulièrement en cette période où le mauvais temps, les pluies battantes complique davantage la situation ; que dire alors des personnes handicapées qui ne se lancent plus dans l’aventure. C’est dire qu’un grand travail reste à faire du coté des autorités en charge des différents programmes d’aménagement à Tizi Ouzou pour garantir à cette frange de meilleures structures d’accueil pour leurs vies quotidiennes mais aussi en milieu professionnel. Elle sont, dans ce sillage, quelques 24 922 personnes recensées officiellement sur le fichier des personnes handicapées de la direction de l’Action sociale dont plus de onze mille sont des handicapés mentaux à détenir la carte qui leur permet, entre autre, de toucher une pension de 4000 dinars qui reste bien loin des besoins réels de la catégorie. Un membre bénévole d’un comité d’aide aux personnes handicapées à Tizi Ouzou souligne, à ce propos les difficultés rencontrées  » vivre à Tizi-ville mais aussi dans les différents villages de la wilaya n’est pas du tout évident pour un handicapé surtout ceux de la catégorie moteur. la société n’aide pas et les moyens sont vraiment dérisoires. Quand je vois les sommes faramineuses investies par l’Etat dans les aménagements urbains et qu’en parallèle, on y pense pas à la personnes handicapée qui ne peut pas traverser la rue, utiliser un trottoir ou rejoindre son lieu de travail, je me désole. Même dans les transports, les gares ne sont pas de dotées d’espace spécialement dédiés à cette catégorie, c’est dommage  » nous dit Madjid, membre du comité de défense des droits de l’enfant. Ce dernier nous fera savoir, à titre illustratif, les entraves qui se dressent devant les petits enfants souffrants d’un handicape scolarisé à Tizi Ouzou  » il y a pas de suivi en matière de prise en charge. Le secteur de l’éducation se limite à de simple contrôle effectué généralement en début de l’année. Les enfants handicapés ne bénéficient pas d’un suivi personnalisé qui leurs permettrait d’aller très loin dans leurs cursus scolaire. A défaut d’une réelle prise en charge, ils quittent très tôt les bancs de l’école.  » Ajoute encore notre interlocuteur. Du coté de la direction de l’Action sociale qui a, faut –t-il le souligner, procédé au début de l’année en cours à l’assainissement des listes d’handicapés à Tizi Ouzou avec notamment la suppression de pas moins de 600 pensions, on annonce l’inscription de plusieurs infrastructures qui devraient servir pour l’amélioration de la prise en charge de cette catégorie sociale. Il est ainsi prévu la réalisation et l’extension des centres spécialisés, de prise en charge des personnes handicapées affectés aux localités de Tizi Ouzou, Azazga, Tigzirt, Boghni. Deux centre médico-pédagogiques pour enfants inadaptés mentaux au profit des communes de Draâ El Mizan et Azazga d’une capacité d’accueil de 535 enfants âgés entre 6 à 18 ans, sont également inscrits dans le même plan d’action. Il reste cependant à sensibiliser les différentes directions exécutives en charge du programme de développement de la wilaya, de penser à mettre en place des infrastructures d’aide aux handicapés dans leurs vies quotidiennes. Par ailleurs, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des handicapés, la direction de l’action sociale a remis, jeudi dernier, plusieurs dizaines d’outils et de matériels orthopédiques. La cité sociale de Boukhalfa a, pour la même occasion, abrité une série d’activité dédiée à ses pensionnaires. Il y a eu la visite des différents centres à l’image du foyer pour enfants assistés, le foyer pour personnes âgées et handicapées, le centre médico-pédagogique pour enfants inadaptés mentaux ainsi que le centre de jeunes aveugles et sourds muets de Boukhalfa.3 sur place, des travaux et autres œuvres des pensionnaires de ces centres seront présentés.

A. Z.

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