Chemises fripées à la pelle, blouses aux teintes passées, chaussures éculées… Ces articles d’habillement sont exposés à la vente au niveau du marché hebdomadaire de Sidi Aïch, qui se tient les mardis et mercredis.
L’ouverture tous azimut du marché local nous a fait entrer de plein pied dans l’univers de la fripe, ce vêtement usagé venu d’ailleurs. Ces fringues proposées souvent pour des clopinettes trouvent facilement preneur. Et pour cause : «depuis que le vêtement neuf est devenu hors de prix, je m’approvisionne régulièrement en articles d’occasion. Pour moins de 2 mille dinars, vous pourriez habiller toute la famille», souligne un vieux père de famille, rencontré entre les étals, accaparant de larges espaces du marché. «Parfois, il faut avoir de la patience pour trouver un article valable», ajoute-t-il, en fouinant dans la marchandise, posée sens dessus dessous. Des étals qui attirent de plus en plus de gens à la recherche de la «belle affaire». Un signe sans nul doute révélateur du nivellement par le bas induit par la crise, qui a laminé de larges pans de la société. «La fripe est le pain béni pour les humbles. Avec une pension proche du smic et quatre enfants dans les pattes, je n’ai pas d’autre alternative que le marché aux puces, pour contenter un tant soit peu toute la famille», affirme un sexagénaire, retraité de son état. Les fripiers qui pullulent à Sidi Aïch arrangent même les affaires des plus aisés, qui trouvent en ces fringues une opportunité de s’habiller à moindre frais, en réalisant ainsi de substantielles économies. «Ce n’est pas pace qu’on gagne beaucoup d’argent qu’on doit le dépenser à torrent et ce n’est assurément pas être près de ses sous que d’être rationnel dans la gestion de son porte-monnaie», nous dira un jeune commerçant du quartier Timzeghra.
N. Maouche
