Dans la wilaya de Bouira, ce sont des dizaines d’ingénieurs et techniciens supérieurs répartis sur les différents services techniques et administratifs, à vivre cette situation angoissante. Au bout d’une année de travail, leurs contrats ont été renouvelés pour douze mois. Mais ce n’est en fin de compte qu’un sursis qui leur a été accordé. Les services dans lesquels ils exercent ont essayé tant bien que mal de les intégrer psychologiquement pour assurer des tâches qui devraient revenir à des travailleurs titulaires avec un salaire de 7.000 dinars assuré par la direction de l’emploi. Ils ont pu malgré tout se surpasser et pour la majorité d’entre eux, se mettre au diapason. La paie, ils ne la reçoivent pas tous les mois. Ils cumulent toujours des retards de trois à quatre mois. Mais la grande hantise pour eux demeure l’approche de la date butoir de la fin du contrat. “Si, après deux ans on nous lâche dans la nature en nous signifiant que l’on n’a pas besoin de nous, ça sera la plus grande supercherie”, avertit Ahmed, un technicien supérieur en informatique. Nacima, une licenciée en sciences de la communication estime que “les pré-emplois ont comblé un grand vide dans les administrations. Moi même, placée dans la cellule de communication d’une direction, j’ai participé à réhabiliter le service par une nouvelle méthode de communication avec les citoyens et les autres administrations. En même temps, j’avoue que j’ai beaucoup appris depuis mon installation ici. Nous renvoyer au chômage après deux ans de loyaux services, est une ingratitude caractérisée”. Il sont des dizaines à vivre l’angoisse de sombres perspectives. Leurs camarades de la deuxième vague recrutés en mars 2004 ne sont pas mieux lotis, à peine trois mois de différence et le sort qui leur sera réservé est le même. A moins d’une sage décision qui viendrait des services concernés pour leur trouver des postes budgétaires. Mourad, un licencié en sciences commerciales se sent floué et profondément anxieux. “Je suis le seul à travailler dans la famille. Au moins, si on ne nous avait pas ligotés avec ce fameux dispositif on aurait pu en deux ans, dénicher un job ailleurs, chez le privé par exemple. Perdre deux ans comme cela pour une maigre obole de 7000 DA est carrément stupide. Je m’en veux de m’y être engagé”.
Amar Naït Messaoud
