Selon des témoignages recueillis un peu partout dans la capitale des Hamadites, certaines jeunes filles, bien habillées, arrivent chaque matin dans des voitures de luxe pour se déguiser ensuite en tenues de «travail» et s’adonner à la pratique de la mendicité.
Certaines personnes pratiquent la mendicité par nécessité d’autres tentent uniquement de se faire de l’argent facile. Une réalité palpable dans une société qui a tendance à perdre ses repères. Sur les trottoirs et les places publiques, a l’entrée des mosquées et des magasins, dans les arrêts de bus et dans les administrations, vous êtres, en permanence, sollicités et parfois harcelés, par ces hommes et ces femmes de tout âge qui ne trouvent que la mendicité comme moyen de survie, pour les uns, et un vrai travail pour les autres. De ce fait, ces nécessiteux, se préparent, notamment aux différents endroits de la ville de Béjaïa, tel que le quartier populaire d’El Khemis, à toutes les formes et à toutes les scènes qui peuvent attirer les sensibilités et les sentiments des passants. Tout les moyens sont bons : montrer des ordonnances médicales, exhiber des bébés dans les bras, montrer des cartes officielles de soins gratuits et de maladies chroniques et bien d’autres méthodes. Sans douter de la sincérité de la majorité des cas exposés, d’autres «pseudo nécessiteux», pratiquent ce «métier» par pur plaisir ou simplement comme une escroquerie déguisée. Selon des témoignages recueillis un peu partout dans la capitale des Hamadites, certaines jeunes filles, bien habillées, arrivent chaque matin dans des voitures de luxe pour se déguiser ensuite en tenues de «travail» et s’adonner à la pratique de la mendicité avant d’être récupérées en fin de journée par leurs employeurs. Une chose que nous confirme un commerçant de la région. Questionné sur ce sujet, Maître Aït Nadir Salami, avocat à la cour de Béjaïa, nous informe que «le chapitre 06, section 04, du code pénal algérien, traitant de la mendicité et le parasitisme, prévoit dans ses articles 195, 196 et 196 bis, une punition d’un à six mois d’emprisonnement pour toute personne ayant des moyens de subsistance ou étant en mesure de se les procurer par toutes les manières licites, tout en se livrant, habituellement, à la mendicité en quelque lieu que ce soit. » Cependant, la réalité sociale nous oblige à voir les choses autrement. Peut-on nier que la prolifération de la mendicité n’est qu’une conséquence directe du marasme social qui ne dit pas son nom ? L’usurpation est condamnable, mais il ne faut pas qu’elle soit un subterfuge qui nous éloigne démesurément du malheur des autres. Devant la multiplication des problèmes socio-économiques, tels que le chômage, la cherté de la vie et l’échec scolaire, les autorités compétentes sont interpellées pour réagir en faveur des démunis qui souffrent en silence.
Ali Remzi
