Des hauts et des bas

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Une saison estivale acceptable sans plusL’été tire à sa fin. Et bientôt, si ce n’est déjà fait, l’heure sera aux bilans de toutes sortes ou plutôt aux chiffres. Ceux de la saison estivale, des estivants, des touristes, des nuitées d’hôtel, des noyés… Comme le pli est pris, le bilan global ne peut être que positif, dépassant les prévisions. Un communiqué triomphant couronnera le tout… Et tout le monde, sera content ! La réalité, vous vous en doutez bien, est toute autre. Les professionnels du tourisme, ceux qui le sont moins, les gardiens de parkings, les gargotiers, la faune des cabarets, enfin tous les gens qui d’ordinaire n’ont d’yeux que pour leur portefeuille vous le diront, sans menteries : La saison a été tout juste moyenne. Les records, ce sera pour plus tard ! Les plus pessimistes iront jusqu’à soutenir que la saison à été catastrophique ! sans aller jusque là, une réalité s’impose : La région n’est plus ce pôle attractif et les années passées seront difficiles à égaler. Le plus difficile n’est pas d’arriver au sommet. Il faut y rester et s’y maintenir, méditons cet aphorisme car rien n’est acquis.

Poisson ou poison, les 2 font la paire Le port de pêche de Bgayet, construit sous l’ère coloniale a attendu 40 ans, pour voir ses capacités renforcées par plusieurs débarcadères construits à la perpendiculaire de l’ancienne structure. A la bonne heure ! Qui dit capacité à la hausse, dit aussi une production à la hausse ! C’est en fait, l’effet inverse qui s’est produit : les prises n’ont jamais été aussi ridicules. Si la disparition du poisson dit noble, merlan, rouget, crevettes, chien de mer, peut s’expliquer par l’interdiction faite aux gens de la mer de taquiner ces espèces en été pour ne pas détruire la chaîne de reproduction, que dire de la sardine, poisson de la plèbe qui n’est disponible que parcimonieusement. Et phénomène assez étrange à Bgayet, ce commerce est entre les mains de poissonniers qui ont en commun le port de la barbe et du qamis ! L’incurie des pouvoirs publics, dont les contrôles ne sont qu’une vue de l’esprit, encourage même les mômes à s’essayer à cette activité fort lucrative, surtout qu’il s’agit très souvent de poissons déclassés, impropres à la consommation, que même les chats errants et affamés repoussent dédaigneusement ! Voilà a quoi en sont réduites, les petites gens à Bgayet…

Transport urbain : Seule la peur du gendarme…S’il est un fait culturel propre à tous les Algériens, c’est bien la peur du gendarme, du flic ou de tout ce qui porte casquette. Chez certains, même le facteur en casquette suscite respect et crainte diffuse. S cela fonctionne à tous les coups, c’est que nous avons en permanence un petit chouiya, pas très correct, à dissimuler. Voyez pour la ceinture de sécurité, même le risque d’être fortement pénalisé n’y fait rien, pourtant la simple vue d’un képi déclenche un branle bas cahoteux et maladroit pour se mettre en règle, même avec la ceinture de travers… Les bus fonctionnent de la même manière. Un seul policier en vue et c’est la garantie d’une circulation fluide, les conducteurs alors ne marquent qu’une courte halte. Inversement, les quelques fois où les gardiens de l’ordre sont absents, c’est la pagaille, la foire d’empoigne, personne en fait ne veut quitter la station sans avoir fait le plein de passagers. Les stations d’El Qods et de la cité Tobbal sont des modèles du genre. Curieux peuple qui ne marche qu’au sifflet, sous l’ombre tutélaire de la loi. Une semaine sans la force dissuasive des hommes en bleu et personne ne veut imaginer ce que deviendra la cité, en proie à une énorme débandade, au chaos. Et ceux chargés de remédier à tout cela, s’en foutent éperdument, plongés dans une reflexion profonde : A quand la prochaine augmentation et dans quelle proportion ?

Mustapha R.

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