Regard / Comprendre et relaxer !

Le procureur a requis une peine d’une année de prison ferme à l’encontre des quatre jeunes de Larbaâ Nath Iraten, pour avoir pratiqué un culte non musulman dans un lieu clandestin.

Ce procès vient après la cabale judiciaire contre les non-jeûneurs de Michelet et d’Ighzer Amokrane, dont, les deux groupes, ont été relaxés par la Justice, grâce, faut-il le souligner, à la mobilisation de toute la région. Faire comprendre à certains concitoyens que l’Algérien est libre de choisir sa religion, ses idées, ses opinions relève de l’impossible. Ou disons-le d’une autre manière, cette mission est de la quadrature du cercle.

La Justice algérienne ne peut se permettre ce luxe d’intenter des procès contre des citoyens, pour délit d’opinion si dans la société algérienne des forces tirent justement vers cet état de fait. La justice ne peut à elle seule tenter de “redresser” ces “égarés” car c’est l’intégrisme qui gagne de plus en plus du terrain. Ce que fait la Justice contre les chrétiens, et ce, depuis la fameuse affaire de Habiba K. de Tiaret, est une manière de “tirer les marrons du feu” au profit d’un islamisme tapis dans l’ombre des institutions de l’Etat. C’est cette lecture qu’on pouvait bien faire des différents procès intentés par la Justice algérienne contre des citoyens pour délit d’opinion. Voilà une méthode très singulière, qui existe depuis longtemps et qui est relativement simple à comprendre. Lancer sans relâche des procès contre des citoyens avec, qui on ne partage pas les mêmes convictions pour se montrer gardienne d’une morale religieuse est dangereux surtout lorsque la législation reste floue dans ce contexte.

Nous assistons quotidiennement à ce genre de procès dans les rues. A bride abattue, des citoyens condamnent d’autres pour des questions relevant exclusivement du domaine personnel. C’est ce comportement qui sert de fer de lance à ces procès intentés par la justice de notre pays.

Mais même si des cercles bien connus s’en servent de tout ce brouhaha pour imposer une vision de la vie de tous les jours ; de l’autre côté des citoyens épris de justice et de liberté font preuve de résistance et d’engagement pour le respect des libertés individuelles et collectives. Ce sont les milliers de citoyens qui se donnent rendez-vous devant les cours de justice en guise de soutien aux citoyens “malmenés” par la Justice. Cette institution, dans ce procès de chrétiens, doit suivre l’exemple des derniers procès des non-jeûneurs, en prononçant, ce matin, une relaxe pour ces jeunes. Cet après-midi, on dira que quelque chose d’absolument remarquable vient de se passer. On l’appellera aussi, “la huitième merveille du monde», et les Algériens comprendront que cela relève d’un domaine strictement personnel !

M. Mouloudj