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Entre le passé, le présent et l’avenir

Il n’en demeure pas moins que ses sites historiques (ancienne caserne, Tabana) captivent. Citadelle millénaire, capitale des Ath Yirathen sur laquelle veille Sidi Hend Awanu dont le mausolée se trouve à la caserne militaire construite par le jeune maréchal Randon à la conquête de la ville en 1857. Larbaâ-Nath Irathen, chef-lieu de commune et de daïra est située à 930 m d’altitude, à 30 km de Tizi Ouzou sur la RN 15 en direction de Ain El Hammam. Pour la rejoindre, “les chemins sont fort nombreux, on a beau choisir le sien, ce sont tous les chemins qui montent”, disait le dicton. Nous pouvons la rejoindre en empruntant l’itinéraire, Oued Aissi, Adeni village natal de Boulifa, en passant par Azouza, village natal de Abane Ramdane, surnommé “Jean Moulin”. Par Taboukirt, en passant par les villages de Radjef et de Si El Djilali. De Takhoukht, en passant par Ait Frah, village natal de Hamid Mahiout, journaliste assassiné par les hordes terroristes, et Mohammedi Said. Trois itinéraires aux routes sinueuses, toujours grimpantes dans les montagnes, qui vous donneront le mal de tête mais la hâte et l’empressement de voir cette ville historique et Sidi Hend Avwanu vous feront oublier cette peine à votre arrivée. La ville d’antan s’ouvrait et se fermait aux visiteurs par deux hautes portes scellées. Trois rues la traversent : la rue d’en bas, la rue d’en haut et au centre, la rue principale. Le terrain sur lequel est construite la caserne, œuvre du maréchal Randon, représente les 3/4 de cette cité. En contre-bas de l’ancienne mairie, actuellement siège de la sûreté de daira, se trouve l’inspection de l’enseignement primaire où Mouloud Feraoun était directeur en 1952. C’est d’ailleurs cette ville, qui lui a inspiré le titre de son livre “Les chemins qui montent”. L’ancienne église est actuellement devenue une mosquée. La mairie actuelle est construite sur le terrain se trouvant à côté de l’ex-centre d’enfants de chouhada où Ferhat Mehenni a vécu une bonne partie de sa jeunesse. Pendant la Guerre de Libération nationale, Larbaâ Nath Irathen fut déclarée zone rouge.

La bataille d’Ichariden c’est le 24 mai 1857 que le maréchal Randon parvient à atteindre Larbaâ Nath Irathen. Il jeta les bases d’une forteresse, devenue plus tard, Fort-National.Plus de 300 soldats français ont été atteints, tombés à leur arrivée, sur la ligne défensive se trouvant à Ichariden. L’élan des troupes fut arrêté net malgré les efforts des officiers. Mais l’arrivée des renforts allait avoir raison sur les défenseurs de cette position, les luttes au corps à corps eurent lieu et le village d’Ichariden fut assiégé par les troupes ennemies, mais au prix de pertes considérables. Ce village fut aussi le théâtre d’une deuxième bataille en 1871, une grande révolte qui affecta la Kabylie d’abord, le Constantinois, l’Algérois et l’Oranie ensuite, le village d’Ichariden fut attaqué par les troupes d’occupation. Le jour de l’anniversaire du précédent combat en 1857. Mais ni l’occupation d’Ichariden ni la mort du chef de l’insurrection El Mokrani ne vinrent à bout des révoltes qui continuèrent leur lutte avec beaucoup d’espoir de vaincre un jour l’occupant et de voir leurs pays indépendant.

Culture Pour ce qui est de la culture, Larbaâ-Nath Irathen a aussi marqué de son sceau cette “mémoire qui reste après avoir tout oublié” comme le disait si bien R. Queneau. Si Mohand U Mhand, Mohand Ouachour. (poètes) Chikh Nordine et Amar Ouyacoub (chanteurs et comédiens). H’Sen Mézani (chanteur) (dont le centre culturel de la ville porte le nom), voilà quelques noms d’hommes de culture au passage et bien d’autres pour ne citer que ceux là. Boussad Abdiche, écrivain-journaliste assassiné par les hordes terroristes a rendu hommage à cette ville en écrivant un livre intitulé “Les remparts de Fort National” Mouloud Achour était natif d’Irdjen (quatre recueils de nouvelles)

Développement local Larbaâ-Nath Irathen est un espace qui reste à mettre en valeur dans le domaine, économique, social et culturel où l’anarchie urbaine doit être proscrite ville à laquelle les Ath Yirathens et le service de la voirie doivent veiller pour ce qui est de sa propreté car elle a fait par le passé des envieux s’agissant de sa propreté. Par contre l’absence de gaz de ville fait parmi ses habitants beaucoup de jaloux surtout qu’il est déjà arrivé à Tizi Rached. La lecture des données géographiques et humaines, la forte concentration de la population et le fort taux de chômage doivent trouver solution par la création d’emplois l’encouragement de l’investissement, le désenclavement des terres et la construction de logements. Pour ce qui est des ressources en eau, le manque, se chiffre à 2000m3/jour que comblera la réalisation du projet AEP de Takhoukht.Les infrastructures routières (chemins communaux et wilayales en mauvais état, nécessitent des travaux et de la rénovation. Les perspectives agricoles se résument dans une politique de régénération de l’olivier et du cerisier et dans un plan de développement agricole. Dans le domaine industriel, la création d’usines (une ou deux au moins) contribuera à la relance de l’économie et l’absorption du chômage dont souffre la jeunesse qui représente 75% de cette population.

Le développement touristique Le développement du tourisme dans la commune de Larbaâ-Nath Irathen s’y prête favorablement par le site et le climat. Il reste donc à développer une politique dans ce sens et à encourager l’investissement dans ce secteur. Les sites archéologiques et historiques doivent être aménagés et l’artisanat encouragé. Ce développement touristique aura d’importantes conséquences sur l’économie, des profits non négligeables et des effets sur l’emploi.

Hamid Meradji

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