« Nous ne nous sommes pas opposés au passage des conduites d’eau sur nos terres car nous savons que c’est un projet d’utilité publique. Maintenant que cette eau du barrage de Koudiet Acerdoun est servie pour tous, qu’on nous donne notre argent », tel est l’appel qu’auraient voulu lancer les expropriés de Mechtras lors du passage de ministre des ressources en eau, s’ils n’avaient été pris au dépourvu. « Si nous savions que M. Sellal passait par les Ouadhias et Boghni, nous aurions improvisé un sit in, car nous estimons qu’il nous entendrait », nous a dit à ce propos un citoyen de Mechtras, faisant partie du collectif des expropriés de leurs terres. Et d’ajouter: » si ce n’étaient pas les garanties qu’on nous avait données, nous n’aurions pas laissé l’entreprise traverser nos terres pour tout l’or du monde, mais nous ne sommes pas de ceux qui entravent le développement de notre wilaya ». Les membres du collectif, que nous avons rencontrés en train de préparer d’autres démarches pour avoir leurs droits, étaient tous unanimes à dire que c’est l’administration qui ne veut pas appliquer la réglementation. « Et pourtant, cette dernière est claire! », s’est exclamée une voix. Pour un autre intervenant, le géomètre désigné pour effecteur le parcellement a terminé ce travail. « On nous a dit que l’argent est au trésor. Alors qu’ils nous paient. C’est notre dû », a enchaîné une troisième personne. En tout cas, tous les intervenants disent que ce revirement de situation est imputé à l’administration. « Que le nouveau wali de Tizi-Ouzou sache que si des gens s’opposent à des expropriations, c’est tout simplement parce qu’ils se sentent parfois pénalisés. Combien de temps faudra-t-il encore attendre? », s’est interrogé un autre membre du collectif. « Si des terres sont dans l’indivision, les autres qui n’ont pas ce problème n’ont pas à attendre que la justice tranche ce genre de cas. Ce sont des expropriations individuelles », a conclu une dernière personne. « Monsieur le wali, faites quelque chose pour que la situation soit réglée définitivement », tel est l’appel pressant de ces citoyens.
Amar Ouramdane
