Des écoles à l’abandon

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Se dirige-t-on vers un solde de tout compte de la fonction éducative dans les régions rurales ?

C’est la question qui tourmente l’esprit du commun des citoyens d’Amalou, une circonscription qui a vu, en un laps de temps relativement court, des fermetures en cascade d’établissements scolaires.

Ainsi, après la fermeture de l’école primaire du village Boumessaoud, puis celle d’Ighil Iguenni, c’est au tour de l’établissement du village Tighermine de mettre la clef sous le paillasson, obligeant les chérubins, du moins ceux qui restent, à s’en aller par monts et par vaux, pour quêter le savoir. Le manque d’enfants, découlant des effets conjugués de la dénatalité et de l’exode, est la cause régulièrement invoquée pour expliquer ces fermetures. «On ne peut pas maintenir ouverte une école qui totalise, tous niveaux confondus, une dizaine d’élèves, parfois moins, alors que l’ouverture d’une seule division pédagogique nécessite la présence d’au moins 14 élèves», soutient un responsable de l’inspection de l’éducation de Seddouk, en charge de la commune d’Amalou. Toujours dans la même commune, une autre école construite à l’intention des enfants du village Gribou, près de la localité de Gueldamane, n’a jamais pu ouvrir ses portes, alors qu’elle a été achevée depuis l’année 2002. Cet établissement, composé d’un bloc pédagogique de trois locaux, d’un logement d’accompagnement et d’un bloc sanitaire, est livré à l’abandon, au grand dam des parents d’élèves qui se sont vus contraints d’aller scolariser leur progéniture dans les écoles des villages voisins. «C’est un gâchis qui ne dit pas son nom. Bâtir à coup de milliards une telle infrastructure pour ne pas l’exploiter, relève de l’incurie», s’offusque un jeune père de famille de Gribou, dont les enfants sont scolarisés au primaire de Biziou, un village limitrophe.

N. M.

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