Maâtkas, une localité rongée par la pauvreté et la misère. Une commune qui comptabilise 35 000 âmes réparties sur 45 villages et hameaux.
Dans l’optique de connaitre l’étendue de la misère et les peines de centaines, voire de milliers de citoyens, le bureau social de la mairie nous a divulgué les chiffres qui malheureusement n’ont fait que confirmer les cris d’alerte que nous entendons ça et là à travers la paisible localité de Maatkas. A commencer par l’IAIG, 119 bénéficiaires sont recensés. Ces employés qui ne touchent qu’une indemnité de 3000 DA par mois sont affectés dans les écoles primaires et dans l’administration. Certains d’entre eux sont là depuis l’année 1995. Signalons que ces travailleurs assurent parfois 8 heures de travail par jour. Ils ont également le droit au remboursement de leurs frais médicaux, mais ils ne sont pas déclarés à la caisse des retraites. Une jeune employée à l’APC regrettera : «Je suis là depuis 8ans, j’assure mes huit heures comme tout le monde, mais je ne touche que le dixième d’un salaire normal. L’espoir d’être titularisée est inexistant car les examens sont souvent entachés d’irrégularités. On continue d’espérer quand même». Dans le dispositif AFS, qui concerne les personnes âgées et sans ressources, les divorcées, les veuves, les malades chroniques et les infirmes, on en registre 387 bénéficiaires. Une catégorie de citoyens qui ne demandent qu’à apprendre à vivre avec 3000 DA par mois. La question qui doit être posée est sans doute celle-ci : comment fait une veuve à charge de huit enfants pour vivre avec 3360 DA ? Un cas qui existe réellement. C’est dire et preuve à l’appui que plusieurs citoyens et en plus chargés d’enfants vivotent. La faim les terrasse chaque jour. C’est ce que l’on appelle vivre au dessous du seuil de la pauvreté. Heureusement que les bienfaiteurs et les âmes charitables ne manquent pas dans la région. Autrement, c’est tout simplement leur fin. Cette vieille que nous avons rencontrée a dit : «Nous faisons semblant de vivre. Dieu est grand. Des fois, on trouve quelque chose à mettre sous la dent, d’autres fois, non. Mais le jour se lève quand même». Concernant les handicapés, cette frange de la société est doublement pénalisée. Etre handicapé et mal rémunéré. Des hommes et de femmes qui souffrent à longueur d’année. Avec 4 000 DA d’indemnités, il est impossible de se nourrir, de se vêtir et de se soigner. Des gens qui ne vivent que grâce à la générosité des donateurs anonymes et au soutien de leurs familles respectives. Signalons également que plusieurs handicapés à 80 % ne touchent aucun sou de la part de l’Etat. Dans le cadre du DAIS, Maâtkas compte 28 employés. Ils touchent mensuellement 5460 DA. Ce dispositif concerne les sortants des centres de formation professionnels. Sachant qu’un sac de semoule n’est accessible qu’à hauteur de 1000 DA, qu’un bidon d’huile est à 750 DA et que pour faire du couscous, le plat des pauvres par excellence, il faut encore des légumes secs, des légumes frais, de l’eau et du gaz. Il devient évident que la facture dépassera de très loin les 3 000 ou même les 5460 DA que perçoivent ces pauvres Algériens. Comment font-ils pour survivre ? C’est une équation à plusieurs inconnues que les meilleurs mathématiciens ne pourraient pas résoudre.
Hocine T.
