La Dépêche de Kabylie

Sit-in des agents de sécurité du site de Tilesdit

Des dizaines d’agents de sécurité chargés de la sécurisation du site du barrage Tilesdit de Bechloul ont tenu, hier matin, un sit-in devant le siège de la wilaya pour protester contre la décision de non renouvellement de leurs contrats de travail par les services de l’hydraulique de la wilaya et de l’ANBT.

Au total, ils sont près de 47 agents sur une centaine employés sur le site destinataires de décisions de fin de contrats à compter du 1 janvier de l’année en cours. Pour ces agents de sécurité la décision de leur arrêt de travail qu’ils qualifient tout simplement de “licenciement’’ est une sorte de ‘’vengeance’’ à l’égard des agents ayant entrepris une action en justice. “…la décision de notre licenciement s’est faite sans aucun préavis et sans aucun dédommagement…’’, est t-il rapporté dans une requête adressée aux autorités.

Les mêmes agents estiment que leur recours à la justice est motivé par le refus affiché par la direction de l’hydraulique de les rétablir dans leurs droits. Pour nos interlocuteurs, la première “injustice’’ qu’ils ont eu à subir fut celle de la baisse de leurs salaires qui sont passés à 14. 000 DA alors que celui-ci était auparavant de 17. 000 DA, allocations familiales comprises.

Ils ne se sont pas limités pas à ce problème de salaire, bien au contraire ils ont énuméré de nombreuses contraintes socio professionnelles. Ils ont soulevé entre autres “ la surcharge des heures de travail (96 heures par semaine au lieu de 40 h prévues)’’, ‘’le manque de temps de récupération et l’absence de congés’’, “l’absence de primes et d’augmentation de salaire’’. En outre, les agents de sécurité déplorent les conditions de prise en charge sur le site. ‘’ Nous exerçons dans des conditions difficiles depuis de longues années. C’est nous qui payons l’eau, le gaz… nous ne disposons même pas de sanitaires’’, ont-t-ils précisé.

A propos de ces conditions de travail, nos interlocuteurs affirment que sept (7) de leurs collègues ont laissé leur vie sur ce site et 8 autres sont tombés malades. En termes un peu plus crus, ces agents de sécurité estiment qu’ils ne jouissent d’aucun droit. Pour eux, les travailleurs ont accompli tant de sacrifices sans qu’ils aient en contrepartie une quelconque récompense en retour, ce n’est la décision d’arrêt de travail après plus de 10 ans de service.

Un d’eux, un vieux monsieur nous fait savoir que c’est par amour de la patrie qu’ils ont accepté ce travail.

A souligner qu’avant 96, date de leur affectation sur le site pour la sécurisation du barrage et de son personnel (des travailleurs russes et italiens pour la plupart), beaucoup d’agents de sécurité exerçaient comme patriotes.

“Nous avons fait beaucoup de sacrifices et nous avons cru que c’était de notre devoir de protéger l’économie et la sécurité du pays. Nous avions été engagés sans contrat de travail et nous sommes restés impayés pendant près de 14 mois et la plupart d’entre nous étaient des pères de familles sans aucun revenu. ’’, a tenu à préciser un des agents. A préciser que la plupart de ces agents étaient des patriotes mobilisés dans la lutte anti-terroriste, avant d’être affectés pour la sécurisation du site en 1996. Ils y travailleront jusqu’au 31 décembre 2010. Ces agents estiment qu’il est maintenant temps de les rétablir dans leurs droits. Ils demandent à présent l’application de la loi, notamment l’article n° 93-222 réglementant l’activité des agents de sécurité. A préciser qu’une délégation composée de plusieurs agents a été reçue hier matin au cabinet du wali. D’après les échos qui nous sont parvenus de cette réunion, le représentant du wali aurait promis de régler le problème du versement des primes de 4000 DA dues aux agents depuis 2005. Pour ce qui est de leur réintégration dans leurs postes respectifs, le représentant du wali aurait conditionné leur retour au travail par le retrait de la plainte et la cessation de l’action en justice. Chose que les représentants des agents de sécurité ont refusé. Ces derniers ont laissé entendre qu’ils ont confiance en la justice et que c’est à elle de trancher désormais.

Djamel. M

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