Après deux ans de rupture, les étudiants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, ont réussi à remettre en marche leur structure syndicale, la coordination locale des étudiants (CLE), qui semble être la seule structure qui peut unir encore une fois les étudiants de Tizi-Ouzou autour de leurs revendications pédagogiques et sociales.
En effet, c’est à l’initiative du comité de l’Institut des Sciences Juridiques (droit) de Boukhalfa, que près de 18 comités autonomes, représentant les différentes cités et départements de l’université de Tizi-Ouzou, se sont réunis le mercredi dernier avec comme ordre du jour, la situation sociopédagogique actuelle de leur université mais aussi le problème qui préoccupe les étudiants, le gel du magister et l’instauration abusive du nouveau système L.M.D, au niveau de l’université de Tizi-Ouzou. Les membres des comités présents, ont soulevé plusieurs disfonctionnements sur le plan pédagogique, tel que le gèle incompréhensible du magister et l’arrêt des écoles doctorales, la suppression de l’épreuve du CAPA, pour les étudiants en droit, et l’anarchie qui a caractérisé la rentrée universitaire, vu l’application du système LMD sans aucune planification ni programmation, et encore moins des formations adéquates pour les enseignants. Ajouté à cela, les problèmes de la capacité d’accueil de l’université et du manque d’encadrement restent toujours sans solution, au niveau de cette même université. Sur le plan socioculturel, les membres des comités présents notamment ceux des résidences universitaires, n’ont pas arrêté de dénoncer l’état catastrophique des lieux où les étudiants sont logés, vu la dégradation du cadre de vie à l’intérieur de la totalité des cités que compte l’université. Même la toute nouvelle résidence de Tamda (filles), sombre dans un climat d’insécurité selon les membres du comité de ladite résidence présents lors de la réunion. Ces derniers ont tenu à exprimer leur mécontentement s’agissant de la gestion des œuvres universitaires, au niveau de leur université vu la situation désastreuse, et la dégradation constante des déférents services, tels que la restauration, le manque de transport, et surtout l’insécurité à l’intérieur des résidences universitaires. A cet effet, les syndicalistes n’ont pas tardé à tirer la sonnette d’alarme et approuver la nécessité de renouer encore une autre fois, avec le mouvement de contestation. En effet, de nombreuses commissions ont été désignées, pour entamer une série de négociations avec les différents responsables locaux du secteur, mais aussi exposer leurs préoccupations et problèmes au wali de Tizi-Ouzou et le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Vers la fin, les membres des comités, ont prévu pour cette semaine quatre rassemblements de sensibilisation, suivis de quatre journées de grèves, au niveau des différents campus de ladite université histoire de mobiliser les étudiants autour de la liste de revendications urgente adoptée lors de la réunion de la CLE. Parmi ces revendications, on trouve le maintien du système classique, la réintroduction du magister, l’amélioration de la gestion des cités universitaires, l’ouverture immédiate de la cité Tamda (garçons), l’amélioration des conditions de vie sociopédagogiques des étudiants tout en protégeant le caractère public de l’université de Tizi-Ouzou.
O. K.

