Yennayer en force !

Famille, fête, victoire de Chachanq, identité culture… Yennayer est riche en synonymes ; ses syllabes sont autant d’évocations historiques mêlées à des moments festifs. Comme chaque année, il revient pareil à un doux boomerang qui restitue un pan d’histoire de notre peuple. Si, au demeurant, la journée du 12 janvier n’est pas encore consacrée journée fériée, le peuple, lui, n’a guère lâché son patrimoine. La flamme est toujours effervescente depuis le début de l’année… Yennayer, ça se prépare !

Pour manifester sa joie et aussi son attachement viscéral à cette fête et cette date symbole, la Vallée de la Soummam est à pied d’œuvre. De Tazmalt à Bgayeth, en passant par Akbou, Ighzer Amokrane, Sidi Aïch et El-Kseur, le constat se veut éloquent ; comités de villages ou de quartiers, et associations de citoyens se sont attelés pour accueillir cette fête avec soin. Conférences par-ci, expositions par-là concours culinaires ailleurs ; le monde de la culture ne chôme pas : histoire et légende forment un bouquet culturel dans lequel se nourrit goulûment une population au goût du jour j.

Nombre d’associations appellent à l’allumage de bougies durant la nuit du 11 au 12 janvier, lumières qui donneront le là pour des veillées artistiques ponctuées de récitals poétiques, théâtre et chants. A Ighzer Amokrane, c’est une grandiose manifestation de fantassins habillés en costumes d’époque qui défileront à travers les rues de la ville. Et la célébration s’accompagne d’un traditionnel gourmet ou le couscous avec poulet le dispute aux plats garnis de crêpes. Populaire et gorgé de saveur, ce dîner rassemble famille et amis dans un même élan rédompteur.

Après Awal Mouharam et la Saint-Sylvestre, Yennayer reprend sa place dans l’agenda culturel national et booste le citoyen vers un regard pragmatique sur le calendrier berbère ou les saisons sont rythmées par et pour l’agriculture. Depuis 2961 ans, la fête de Yennayer continue, portée à bras le-corps par un peuple soucieux de tracer son destin en préservant des pans de sa personnalité ; Yennayer revient avec délice au cœur de l’hiver sans sabots mais avec fanfares ; si les coqs frémissent et font cocorico à chaque coin des champs, ne dites pas qu’ils ont peur, mais c’est juste leur façon de dire bonne fête !

T. D.