Les transporteurs débrayent

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Dans la journée de lundi, les quelque trois cent transporteurs privés, assurant la desserte Souk El Tenine-Maatkas- Tizi-Ouzou, n’ont trouvé d’autres solutions que d’observer une journée de grève pour attirer l’attention des instances concernées quant à l’érosion de leurs gains. C’est dire que se rendre à Tizi-Ouzou est devenu chose impossible. Les étudiants, les ouvriers et ceux voulant rejoindre la ville des genets ont du rebrousser chemin. Un des transporteurs, que nous avons apostrophé sur les raisons de leur mouvement, indiquera : «En plus de la cherté des pièces de rechange et du nombre toujours grandissant des transporteurs, on nous accable d’impôts et d’opérations de redressement et cela sans parler de la vignette, de l’assurance et du contrôle technique. Ce qui se chiffre à des millions de centimes. Ajouter à tout cela que les transporteurs clandestins parasitent notre gagne pain sans la moindre inquiétude, au su et au vu des services concernés. Il est grand temps de revoir toute la politique du secteur du transport. La direction des transports de la wilaya, interpellée à maintes reprises dans l’optique de revoir à la baisse ces impôts excessifs, n’a rien voulu faire du moins jusqu’à présent. A ce rythme, nous ne pourrons jamais honorer nos impôts. La clé sous le paillasson est envisagée par l’ensemble des transporteurs». Afin de lancer le débat qui débloquera la situation, une rencontre avec l’inspecteur des impôts de Maâtkas est organisée dans la salle de délibération de l’APC et ce, en présence du vice-président de l’APC, du directeur des impôts de la localité et de plusieurs transporteurs. Après avoir écouté ces revendications, le directeur des impôts expliquera : «Honorer ces impôts est un acte citoyen. C’est la même réglementation qui s’applique au niveau national. Toutefois, s’il y a des anomalies, nous ferons en sorte de les corriger. Nous sommes parfaitement conscients que le nombre de transporteurs a sensiblement augmenté et que les prix des pièces de rechange sont en hausse. Tout ce que je peux faire, c’est de défendre votre cause auprès des responsables. Les bénéficiaires de l’ANDI peuvent, dés demain, se rapprocher de nos services pour programmer une rencontre avec la direction du transport. Pour les forfaitaires, on pourra aussi faire la même chose. Seulement, je ne peux rien promettre sans l’aval de mes responsables». Pour sa part, le vice-président de l’APC a reconnu la légitimité des doléances soulevées par les transporteurs en témoignant : «Votre désarroi, nous l’avons constaté au sein de l’exécutif communal. Toutes les demandes d’embauche dans le domaine du transport nous parviennent d’anciens transporteurs privés. C’est comprendre que la corporation est en proie à des difficultés». Après un débat houleux, la décision de suspendre la grève est acceptée par la corporation, en attendant la réponse qui leur sera réservée par la direction des transports de la wilaya.

Hocine Taib

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