Lorsque quelques vendeurs de fruits et légumes ont commencé à occuper, de façon illégale et abusive avec leurs étals, la route longeant le stade communal, des plaintes notamment des marchands de Lekouir, ont été adressées aux responsables locaux qui ont sommé ces revendeurs de quitter les lieux. Mais, l’APC de Lakhdaria n’a pas pris cette décision sans leur proposer une autre place en échange. Et c’est l’ex souk el fellah, situé à quelques mètres de l’endroit ‘’squatté’’, qui a été désigné pour accueillir ces revendeurs. Le jour de l’inauguration du Souk Djouari, seulement 11 vendeurs, sur les 60 exerçant ce commerce informel, étaient présents. Une absence remarquée et qui fait dire à certains qu’ils ‘’ n’ont pas l’habitude d’exercer dans des endroits clos’’. Pour l’un d’entre eux, Ali, résidant à Beggas, son étal était situé au niveau du carré 17, puis voyant que la clientèle n’arrivait pas jusqu’à lui car étant situé à l’extrémité de la bâtisse, ce dernier s’est rapproché d’une place occupée jusque là par un poissonnier qui se trouvait sur la première lignée. Sur les 11 bénéficiaires de ces places sur le marché 03 viennent de mettre fin à leurs activités, dont un boucher qui a dépensé des sommes colossales pour aménager son point de vente. La désertion de ces commerçants n’est pas fortuite, puisqu’on avance comme argument de sérieux problèmes. Ainsi, selon Ali, les vendeurs du Souk Djouari de Lekouir ne sont pas partis sans raisons : «Nous nous sommes retrouvés dans une situation inconfortable, ayant cumulé des crédits auprès de certains grossistes, sans parler des mensualités impayées de nos étals, soit 2036 dinars par mois.» Notre interlocuteur nous informe également que les produits maraîchers sont des denrées périssables et que, chaque jour, il enregistre des pertes considérables sur les fruits et légumes. Et comme si cela ne suffisait pas, cette infrastructure commerciale, composée de 60 places, n’est toujours pas dotée de branchement en eau potable et en électricité. Des absences de commodités qui contraignent ces détaillants à ramener continuellement de l’eau pour préserver un minimum d’hygiène en cet endroit, et, surtout, à quitter très tôt leur lieu de travail dés que la lumière du jour commence à s’atténuer. Ainsi, force est de constater que les ménages n’affluent pas vers Souk Djouari et que le loyer est excessif, surtout vu les moyens d’accompagnement inexistants. Il est d’ailleurs fort probable que si les autorités communales n’interviennent pas rapidement pour régler cette situation, ce marché fermera ses portes dans un avenir proche.
A. C.
