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Quand l’autorité pastiche l’archaïsme tribal

La population du village Tighilt N’Seksou (Tiriziouine), dans la commune de Haizer, est privée d’eau depuis juillet dernier. Au tout début et parce que l’absence d’eau dans leurs robinets était justifiée par la réfection du réseau AEP, les villageois avait pris leur mal en patience. Seulement, les travaux se sont limités à la suppression de la conduite alimentant leur village. Tighilt N Seksou proteste : le siège de l’APC a été fermé deux jours durant, il y a deux semaines. Les autorités promettent alors d’alimenter Tiriziouine depuis le réservoir implanté à Aguercif, village voisin relevant de la même commune. Il n’en sera rien. Les habitants d’Aguercif, affirment les protestataires, refusent que la tuyauterie traverse leurs terres. Dans un document adressé au wali, les protestataires ne comprennent pas que les autorités leur répondent : “Aguercif refuse qu’on vous rebranche. On ne peut rien faire pour vous”. Inouï et dangereux comme réponse : une autorité qui tient ce langage participe à l’alimentation d’une tension tribale. Une tension que craignent les habitants de Tiriziouine, va droit vers un conflit entre les deux villages. Encore rocambolesque, cette démarche des autorités qui au lieu de faire valoir avec fermeté le droit des citoyens “chevauchent d’un groupe de marabouts et d’imams pour aller demander aux villageois d’Aguercif une autorisation”. Pour mettre un terme à la situation, Tighilt N’Seksou interpelle en dernier recours le wali pour exiger des autorités publiques de cesser de soulever un village contre un autre, de rétablir le réseau AEP supprimé, d’ouvrir une enquête pour s’enquérir des dessous du problème… En attendant, Tiriziouine se dit déterminée à user de tous les moyens légaux et est prête au dialogue à l’effet d’aboutir à un dénouement.

T.O.A.

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