«Tajmilt tamuqrant à nos filles»

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Le président de l’ASFW de Béjaïa a bien voulu répondre à nos questions. Dans cet entretien, Malek Ould Younes nous parle de l’avènement du championnat national amateur de football féminin et de tout ce qui touche à son association.

La Dépêche de Kabylie : Cette saison a vu l’avènement du championnat national amateur de football féminin. Est-ce une bonne chose, selon vous ?

M. Ould Younes : Tout d’abord, je tiens à rendre un grand hommage (tajmilt tamuqrant) à toutes les algériennes qui bravent les obstacles et autres tabous pour l’amour du sport et pour leur émancipation de manière générale. Pour revenir à votre question, je dois dire que nous avons émis des réserves dès le début sur ce nouveau système de compétition. Notre pays est vaste et les moyens qui nous sont alloués (aux clubs, NDLR) sont dérisoires, si l’on fait une comparaison avec les clubs de l’autre sexe qui sont de loin les mieux lotis. Cela est de la distinction. D’ailleurs, même les clubs de la régionale sont mieux considérés que nous. Ceci, sans parler de l’infrastructure qui fait défaut pour développer cette discipline et éviter par la même la pénurie de footballeuses.

Donc, pour vous, le championnat national amateur n’a pas sa raison d’être…

C’est plutôt la vision de la FAF qui manque de profondeur et d’objectivité. Malgré ses côtés positifs, l’instance fédérale aurait dû associer à sa démarche des sociologues pour mieux mûrir le projet en question. La sociologue Zohra Abassi n’a telle pas dit que l’Algérie est en net recul avec cet analphabétisme corporel ambiant ? Je vais ajouter autre chose, à la FAF, on nous a expliqué que l’objectif de la création de trois (03) catégories est la quête de la performance, mais si on ne commence pas la pratique sportive à l’âge précoce (2ème âge scolaire), il ne peut y avoir de joueuses d’avenir. Ceci sans parler du problème de la prise en charge (transport, restauration) dont seule la catégorie séniors en bénéficie. Comme il y a aussi le cas des entraîneurs diplômés qu’il faut payer, mais on ne sait par qui. En somme, c’est un constat pessimiste qui est fait et la FAF doit revoir sa copie pour le bien du développement du football féminin.

Voulez-vous clore cet entretien ?

Oui, je dirai que même l’APC de Béjaïa doit «regarder» de notre côté et nous doter de moyens, un bus par exemple, car nous avons des joueuses qui viennent de loin (Ben Djellil et autres localités). Alors, que cesse le deux poids, deux mesures.

Propos recueillis par B. Ouari

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