Tikjda Le site paradisiaque reprend des couleurs – Aswel pris d’assaut par les amoureux de la nature

A une altitude de 1 678 m, dominant les deux versants sud et nord du majestueux Djurdjura, est situé le plateau d’Aswel dont les terrains sont partagés entre les deux communes d’El Asnam et Ath Ouacifs, relevant

respectivement des wilayas de Bouira et de Tizi-Ouzou.

Cette prairie, l’une des plus belles du Nord de l’Algérie, a commencé à recevoir, sinon à accueillir à bras ouverts les amoureux de la nature, qui y viennent des quatre coins de la Kabylie. Les visiteurs de ce lieu paradisiaque entament leur montée soit par la RN30 à partir des plaines de la commune de Saharidj, soit par la RN33 via la commune de Haïzer, ou bien en empruntant le CW n°98 traversant la localité de Semmache dans la commune d’El Adjiba. La détérioration de la situation sécuritaire dans la région, au début des années 90, a réduit sensiblement le nombre de promeneurs. Mais, quand même, des centaines de ces touristes, à majorité immigrés, des habitants de Bouira et de quelques wilayas du centre du pays continuaient à venir, pour la plupart dans des voitures, de grosses cylindrées conçues pour accéder à ce genre d’endroits. Ceux qui viennent en famille, préfèrent garer leurs véhicules et se donner à des randonnées pédestres, d’autres profitent de l’altitude pour faire de petits footings et enfin, ceux qui s’y rendent, entre jeunes, et qui essaiment leurs canettes de bière et se mettent à picoler en plein nature sans qu’ils ne soient dérangés ni inquiétés par les passants ou autres randonneurs. Même les éléments de la brigade d’intervention rapide de la gendarmerie nationale (BRI) dépêchés sur les lieux depuis plus de trois ans, dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme, ferment parfois l’œil sur cette pratique, même s’il leur arrive d’intervenir quant il y a dépassement. Durant la période estivale, des touristes, plus “audacieux», y passent même des nuits, défiant la peur et l’insécurité. Ce bijou de dame nature est laissé ou presque, à l’état sauvage. Le stade de football, réalisé il y a plus de dix ans, est laissé sans protection, les bois de cette infrastructure sportive se sont volatilisés, la clôture sciée et le terrain en gazon naturel est devenu un parcours de pâturage pour des centaines de bovins lâchés sur cette colline. Cette joyeuse infrastructure sportive, qui a englouti plusieurs milliards de centimes, a été laissée à l’abandon, sans entretien ni gardiennage. C’est à se demander pourquoi aucune structure de sécurité n’y a été prévue pour sécuriser cette infrastructure et les équipes d’athlètes qui y viennent, généralement pour les préparations physiques d’avant saison. La dernière équipe qui a organisé un stage de préparation physique dans ces lieux est l’équipe nationale de football féminine.

Malgré toutes ces lacunes, les amoureux de la nature sont toujours là. Ils viennent à chaque fois que l’occasion leur est donnée, notamment après les dernières chutes de neige car, pour eux, ces lacunes, ne valent absolument rien devant ces vues imprenables sur les pics les plus hauts du majestueux Djurdjura, à l’image de ‘’la main du juif’’.

Nadia Hamani