Le secteur de la santé dans la daïra de Maâtkas, est loin d’être dans un état reluisant, à l’image de la seule polyclinique dont est dotée cette localité. Située à Souk El Tenine, celle-ci se trouve, en effet, dans une situation alarmante.
Dés qu’on y entre, des odeurs douteuses vous agressent. C’est comprendre que l’hygiène laisse à désirer. Les plafonds gardent des traces d’infiltrations. Le moisi ne passe pas inaperçu. Pour en voir plus, la visite du cabinet dentaire et de la salle de consultations, sis au premier étage, est de rigueur. Les portes, sans écriteaux, ne vous aident en rien pour rejoindre le service recherché. Il n’est pas rare d’ouvrir une porte et de tomber nez à nez face à une surprise. L’installation électrique montre, à qui le veut, ses entrailles. Les lavabos sont dans un état peu reluisant. Quelques milliers de dinars ne ruineront pas la caisse du ministère de la santé publique et redonneront à cette vielle infrastructure, des années 70, un look à la hauteur de sa mission. «Nous travaillons dans des conditions difficiles. Des millions, voire des milliards, sont jetés par les fenêtres alors que nous sommes obligés de subir ce calvaire au quotidien. Il est temps que les responsables concernés se mettent aux choses sérieuses. Cet état des lieux est regrettable dans un pays comme le notre. Toutefois, nous essayons de faire avec les moyens de bord en attendant des jours meilleurs», nous dit-on dans la polyclinique.
Le laboratoire des analyses médicales et de radiologie au ralenti
Le laboratoire des analyses médicales ne fonctionne qu’au ralenti, malgré le bon vouloir des laborantins. Les produits, nécessaires aux différents tests, ne sont généralement pas disponibles. Du coup, les patients se rabattent sur le privé qui n’hésite jamais à les déplumer. Le service radiologie ne fonctionne que pendant la journée. Le manque de personnel en est la principale cause. «Pour être fonctionnel de jour comme de nuit, il faut six radiologues. Hélas, il n’y en a que trois. Du coup, le service est fermé à partir de cinq heures», nous apprendra une source au fait de la situation. Ce qui fait que ceux qui auront la malchance de se fracturer pendant la nuit sont obligés de se rendre soit à Tizi-Ouzou ou à Boghni, des localités distantes de plusieurs kilomètres. Il faut, bien évidemment, louer un taxi, si vous en avez la chance d’en trouver un pendant la nuit. Par les temps qui courent, ce n’est pas une chose aisée. Quand à la seule ambulance disponible, elle est souvent affectée à d’autres missions autres que la sienne. Elle sert de voiture de transport de marchandises pour les besoins de la polyclinique. Les urgences attendront. «Il nous est arrivé de solliciter l’aide de la protection civile pour évacuer nos malades», nous confiera un praticien. Il est grand temps de penser à doter la polyclinique d’un autre véhicule. Les services de la solidarité nationale peuvent bien faire un geste, mais il faut qu’ils soient au préalable sollicités. Pour vraiment permettre aux citoyens de Maâtkas de jouir de la proximité et de la gratuité des soins, il est urgent de penser à construire un hôpital dans la région. Un projet qui, non seulement donnera l’occasion aux Maâtkis et aux habitants des régions avoisinantes de se soigner efficacement et à moindre coût, mais aussi évitera l’étouffement des hôpitaux de Tizi-Ouzou, de Boghni et de Draâ El Mizan. Les 50 000 âmes que compte cette pauvre daïra méritent amplement de bénéficier d’une prise en charge médicale efficiente. C’est uniquement à ce moment là qu’on pourrait parler de proximité et de gratuité des soins.
Proximité et gratuité des soins dites-vous ?
La daïra de Maâtkas, dans le sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, accuse un retard criard en matière d’infrastructures sanitaires. Les quelques unités de soins, éparpillées à travers tout le territoire de la daïra, sont dans la plupart des cas mal équipées et insuffisamment dotées en personnel. Les infirmiers, quand ils sont disponibles, ne s’occupent que de simples interventions, à savoir les injections et les changements de pansements. Le centre de santé situé au chef-lieu, de commune et de daïra, ne renferme ni laboratoire, ni maternité et, encore moins, une salle de radiologie. Les médecins praticiens tentent, tant bien que mal, de prendre en charge les malades mais il devient, en l’absence de moyens, difficile de fournir des prestations de qualité. Du coup, la seule polyclinique que compte la daïra, à savoir celle sise dans la commune voisine de Souk El Tenine, est toujours prise d’assaut par les patients en quête de prise en charge sanitaire gratuite. Hélas, cette infrastructure n’est pas en mesure de répondre efficacement aux attentes des malades ne pouvant se permettre des soins chez les privés à cause des excessifs coûts pratiqués par les médecins. Ajouter à cela les prix élevés des médicaments. La moindre consultation chez un privé revient à 500 DA. La caisse d’assurance ne rembourse que 50 malheureux dinars et bien des médicament ne sont tout simplement pas remboursés, étiquette rouge oblige !
Hocine T.
