La fête de Tsevietha pour le 22 septembre

Pour réussir cet événement qui n’a pas eu lieu, depuis plus d’une décennie, les organisateurs, se sont a donnés à de grands préparatifs sur tous les plans. Ladite organisation se compose de plusieurs commissions, parmi lesquelles, celle de communication et d’accueil. Des affiches ont été placardées aux quatre coins de la région, dans le souci de voir, le jour de la célébration, l’afflux d’un maximum de visiteurs vers ces lieux de culte. La zaouia a été fondée il y a près de trois siècles, par le saint Sidi Boubekeur. Quant à la fondation de ce village, cela remonte au XIeme siècle, et ce par un certain Sidi Djenoun. Depuis, plusieurs hommes de culte se sont succédés dans ce village, mais celui qui a marqué le plus les esprits, reste Sidi Boubekeur. Ce dernier reste un homme mythique dans la mémoire collective des habitants de la région. C’est lui aussi, qui a fondé la célèbre école coranique de cette localité et qui forme des talebs (étudiants en théologie) jusqu’à nos jours. A Sidi Boubekeur, l’on a attribué l’image d’un saint, connu pour ses bons actes, sa conduite irréprochable et son amour pour le prosélytisme. Il a été de tout temps, en pèlerinage, en allant à la rencontre des pauvres, et des tribus éloignées. Il leur explique la religion, leur fournit des imams et règle des conflits. D’ailleurs, Sidi Boubekeur, bien que cette zaouia porte son nom, ne repose pas à Cheurfa, mais à Mgharma (Djemaâ Saharidj), à une cinquantaine de km de sa terre natale, après qu’il tomba malade, et rendu l’âme en plein pèlerinage. Pour ressusciter et perpétuer les valeurs de cet homme qui a voué toute sa vie à la religion de l’Islam, à la tolérance, à l’entraide et au savoir, les responsables de cette localité organisent chaque année, une fête de deux jours. Dans une ambiance festive, on récite le Coran, on donne l’offrande, on procède au sacrifice rituel et on implore la baraka des saints. Depuis plus d’une décennie, et vu la détériorations des conditions sécuritaires, organiser ce genre de festivités était un risque à ne pas courir. Malgré cela, ce célèbre lieu de culte ne désemplit pas. Chaque jour, particulièrement les lundis et les jeudis, plusieurs centaines de visiteurs affluent vers cette zaouia. Et dans la foulée de la nette amélioration de la situation sécuritaire qui coincide avec la campagne pour la Paix et la Réconciliation nationale, prônées par le président de la République, les responsables de cette localité ont décidé de ressusciter cette fiesta populaire, qui est d’un grand symbole pour les dizaines de milliers d’habitants de la région, et même au delà. Cheurfa où le village des saints marabouts, demeure comme l’une des zaouia et confréries des plus célèbres dans la kabylie. Le secret réside certainement dans son épopée, qui remonte à plus de 9 siècles. Un millénaire d’exitence, marqué par la tolérance, l’amour, la sagesse et la piété des hommes qui se sont succédés à la tête de cette zaouia.

Mourad Hammami