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2e session pour la sixième !

S’il est facile pour les gens d’envisager une deuxième session pour le bac, il est difficile, voire incongru de l’envisager pour la sixième. Même si tout examen qui permet de passer d’un cycle à un autre est important, l’examen de sixième a toujours été vu, comme une formalité, un passage presque assuré pour tous… Au point qu’on n’organise plus de fête pour célébrer la réussite à cet examen ! Il est vrai que le ministère de l’Education a averti que les conditions de l’examen ont changé, que le nombre de matières a été ramené à trois, ce qui le complique un peu plus, puisque n’étant examiné que sur les matières de base, le candidat ne pourra plus compter sur les matières qu’on apprend par cœur pour faire monter artificiellement sa moyenne, mais l’idée de deuxième session paraît tout de même insolite. Les deuxièmes sessions d’examen en Algérie ont toujours été des mesures exceptionnelles. Ainsi pour le bac, on en a organisé l’année de la « grande fuite », quand des sujets ont été diffusés sur une grande échelle, en 200l, lors des évènements tragiques de Kabylie, au cours desquels des milliers de lycéens de quelques wilayas ont vu leur scolarité perturbée. Un événement exceptionnel, une catastrophe justifient-t-ils une deuxième session pour la sixième ? La catastrophe… c’est les résultats extraordinairement faibles enregistrés sur tout le territoire national. Il a suffi qu’on teste nos chérubins sur les connaissances fondamentales pour qu’on enregistre les plus mauvais résultas jamais enregistrés ! C’est l’échec du système scolaire qui a prévalu jusqu’alors et que certains voudraient voir se perpétuer ! Il est temps non pas uniquement d’organiser une seconde session pour permettre à plus d’enfants d’accéder au cycle moyen, mais de réformer l’école algérienne, de promouvoir des systèmes didactiques qui favorisent réellement l’apprentissage et sortent l’école algérienne de l’ignorance et de l’obscurantisme !

S. Aït Larba

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