La police devait déloger, hier en fin d’après-midi, les pensionnaires d’une cité de logements sociaux indument occupée à la faveur des évènements du début janvier. « La police a donné 20 minutes de délai aux squatters dont certains commencent effectivement à vider les logements », nous indiquait un témoin oculaire, hier, à l’heure où nous écrivons.
Début janvier dernier, des centaines de familles, désespérées d’obtenir des logements décents, avaient, dans le tumulte des émeutes, procédé à l’occupation de quelques 495 logements sociaux en attente d’affectation non loin de l’ancienne caserne coloniale qui abrite actuellement le siège des services de la Protection civile. En tout, ce seront quelques 510 logements qui seront illégalement occupés dans le sillage du mouvement de grogne général : En plus de ceux d’Akbou, cinq squats sont opérés à Ait Rezine et dix autres à El Kseur. La police opère ainsi à un moment assez inattendu puisque l’on est à la veille du Mawalid et que la ville vit un climat des plus tendu. La ville d’Akbou reste toujours le théâtre d’affrontements entre des groupes de jeunes gens et des policiers des CNS. On dénombre une centaine de blessés, parmi les civils essentiellement, lors de violences ayant duré toute la nuit du samedi à dimanche. On parle de deux blessés graves soignés à l’hôpital de la ville aux abords duquel se déroulent essentiellement les affrontements.
Hier, des sources locales indiquent que des renforts plus importants de forces anti-émeutes sont arrivés dans la ville où la tension persiste aux abords du commissariat de police. Tout avait commencé samedi en fin de journée, quand des groupes de jeunes avaient allumé des pneumatiques et attaqué à coups de pierres le tribunal et le commissariat.
Mercredi, la tension était vive et avait vite débouché sur l’émeute après qu’un employé de la mairie eut tenté de s’immoler par le feu. Même si le timing peut suggérer un soutien à la marche interdite du CNCD à Alger, les émeutiers demeurent en peine de formuler une quelconque revendication politique. Ni slogans, ni banderoles n’accompagnent leur révolte.
Habib K.

