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Les habitants d’Imazgharène ferment le siège de la daïra

Après trois jours d’attente, confinés dans la mairie de Frikat, et ne voyant rien venir, les citoyens du village d’Imazgharène

entament une autre action de protestation afin de faire entendre leurs voix. En effet, hier matin, dès huit heures du matin, des fourgons et des véhicules personnels, réquisitionnés par le comité de village,ont fait ce déplacement de Frikat jusqu’à Draâ El Mizan pour fermer la daïra.

En dépit d’une pluie battante dans la matinée, ils étaient plus de trois cent personnes à bloquer l’entrée de la daïra, alors que la mairie était toujours fermée au quatrième jour. Devant cette action de protestation, le chef de daïra a reçu une délégation du comité de village. Les représentants d’Imazgharène ont discuté quelque temps avec le représentant de l’Etat, puis ils se sont retirés pour maintenir leur action. Même si on leur a annoncé qu’un rendez-vous leur était pris avec quelques directeurs de wilaya (pour aujourd’hui) notamment ceux de l’hydraulique, de la santé et de l’éducation, ils ont rejeté l’offre. “Nous exigeons la présence de tous les directeurs avec lesquels on va tirer au clair tous les points de la plate-forme de revendications. Nous voulons du concret et des délais, car les promesses ne sont toujours pas tenues. C’est un mouvement pacifique, parce que nos concitoyens savent que les revendications sont légitimes», nous a déclaré un membre de la délégation ayant pris part au dialogue ouvert par le chef de daïra. Et au président du comité de nous faire ce commentaire sur la situation qui prévaut à Imazgharène : “Le Président de la République insiste dans ses interventions sur le fait d’améliorer les conditions de vie des habitants ruraux, en vue d’éviter l’exode vers les villes, mais sur le terrain, on assiste à tout ce qui est contraire à ses recommandations. Est-ce la faute aux citoyens qui renouent quotidiennement avec ce genre d’actions?», s’est interrogé notre interlocuteur. Il faut rappeler que les habitants de ce village, le plus important de la commune, revendiquent une unité de soins, le bitumage des pistes, des abribus, de l’eau, du gaz naturel, de l’éclairage public, un nombre conséquent d’aides dans le cadre de l’habitat rural… Au moment où nous mettons sous presse, la daïra était toujours fermée alors que la RN 25 est, elle aussi, coupée à Maâmar depuis quatre jours par les habitants de la cité qui réclament leur délogement vers des logements sociaux à Draâ El Mizan, en attendant que leurs habitations, dont certaines menacent ruine, soient démolies. “Nous demandons des arrêtés d’attribution pour tous les bénéficiaires d’une part; et l’affectation des logements sociaux dans l’immédiat à tous les occupants de la cité d’autre part. C’est un problème soulevé depuis des années, mais sa prise en charge n’a fait que traîner. Promesses sur promesse, c’est tout ce qu’on a eu comme réponses “, nous a expliqué un membre de la délégation ayant participé aux discussions avec les autorités locales, soldées par un échec dès le premier jour.

Amar Ouramdane

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